L’image est abominable. On y voit la tête décapitée d’un jeune homme, portant toujours ses lunettes de soleil, posée sur le sable. Autour, ses bras et ses jambes coupés ont été disposés de manière à former une croix gammée. Ousmane Ag Sidi avait la trentaine. Il était berger dans les environs de Zahro, un village au bord du fleuve Niger, entre Tombouctou et Gao, dans le nord du Mali.
Le 23 juin, selon le récit livré par plusieurs sources, il se trouvait à la sortie de la localité avec l’un de ses camarades, Abdoulwahab Ag Mahamad, lorsqu’il a croisé une patrouille de l’armée malienne et de ses supplétifs russes de l’Africa Corps. Les deux Touareg ont été arrêtés puis tués par balles. Puis Ousmane Ag Sidi a été démembré. Ce sont des habitants qui, une fois les soldats partis, ont découvert cette mise en scène nazie macabre.
S’ils n’étaient, jusque-là, jamais allés aussi loin dans l’horreur, les militaires russes d’Africa Corps ont multiplié les exactions contre les civils depuis qu’ils ont officiellement remplacé les mercenaires du groupe Wagner au Mali, en juin 2025.
Après avoir longuement renâclé à ce changement, la junte du général Assimi Goïta, au pouvoir à Bamako, avait fini par céder à la pression du Kremlin et accepter le déploiement de ce nouveau dispositif militaire mis sur pied par le ministère de la défense russe pour remplacer Wagner après la mort de son fondateur, Evgueni Prigojine, tué dans l’explosion de son avion en août 2023, deux mois après sa mutinerie contre le président Vladimir Poutine.
Il vous reste 79.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !