Sept Britanniques, trois Belges, une Française, une Américaine ainsi qu’un Espagnol. Les treize personnes tuées dans un incendie fulgurant, jeudi soir, en Andalousie, dans le sud de l’Espagne, sont pour la plupart des ressortissants étrangers, ont annoncé, mardi 14 juillet au soir, les autorités, après avoir terminé les autopsies.
« [Ce mardi] après-midi s’est achevée l’identification de toutes les victimes de l’incendie de Los Gallardos », a expliqué dans un communiqué l’entité publique en charge de l’identification des corps (CID), précisant que « parmi les treize personnes décédées – dont l’une à l’hôpital –, sept sont originaires du Royaume-Uni, trois de Belgique, une de France, une autre des Etats-Unis », auquel s’ajoute un citoyen espagnol.
Le CID précise que douze signalements avaient été faits pour les douze personnes dont les dépouilles ont été retrouvées, sur les lieux du drame, la treizième victime, une Britannique de 93 ans, blessée dans l’incendie, étant morte quelques jours plus tard à l’hôpital.
« Les treize personnes décédées sont huit femmes et cinq hommes, tous majeurs », détaille encore le CID. Les dernières victimes identifiées sont deux Britanniques ainsi qu’une Américaine.
Les médecins légistes ont dû procéder à des comparaisons génétiques, pour établir l’identité des victimes, précise le communiqué. Les services d’urgence avaient retrouvé douze corps calcinés et tellement défigurés par les flammes que des analyses ADN ont été nécessaires, notamment grâce à la collaboration des familles et des proches, assistés par les services consulaires des différents pays concernés.
Vague de chaleur
Des battues effectuées dans les jours suivant l’incendie n’ont pas permis de retrouver d’éventuelles autres victimes à ce stade, même si les autorités n’écartaient pas totalement l’éventualité que le bilan augmente encore.
Cet incendie, l’un des plus meurtriers de l’histoire récente de l’Espagne, a été provoqué par la chute d’un câble électrique le long d’une route, un départ de feu particulièrement rapide, encouragé par la vague de chaleur qui touchait le pays.
Les flammes ont ravagé 7 000 hectares dans un massif boisé proche de la Méditerranée, allant au rythme dévastateur d’environ cent mètres par minute. L’incendie est depuis contrôlé et les riverains ont pu regagner leur domicile depuis dimanche.
L’Espagne a connu ces dernières années des vagues de chaleur de plus en plus longues et fréquentes, avec des températures dépassant largement les 40 °C, créant des conditions favorables à des feux dévastateurs.
Un été compliqué en perspective
En déplacement lundi, sur les lieux de l’incendie, le premier ministre, Pedro Sanchez, a exhorté la population à être plus consciente et à agir en amont des feux : « Nous ne devons pas seulement réagir lorsque ces incendies se produisent, nous devons aussi prévenir. »
L’an passé, « un tiers de la superficie totale brûlée en Europe » l’a été en Espagne, a-t-il rappelé d’un ton grave, insistant sur le fait que « les effets de l’urgence climatique s’aggravent » et alertant sur l’« été compliqué » à venir.
Plus de 393 000 hectares ont été ravagés par les flammes en Espagne, en 2025, selon le système européen d’information sur les incendies de forêt (Effis), le pire bilan de l’histoire récente du pays.
Fin mai, Pedro Sanchez avait assuré que l’Espagne allait déployer durant l’été « le plus important » dispositif jamais mobilisé contre les incendies face à « une menace [qui] ne cesse de croître », sans détailler les moyens financiers alloués.