Une nouvelle fois, l’empereur s’est tourné vers le Guide. Le 20 septembre 1979, Bokassa Ier est à Benghazi, auprès de Mouammar Kadhafi, en quête de l’ultime soutien qui pourrait sauver son règne vacillant. A Paris, les frasques du dirigeant centrafricain, parvenu au pouvoir par un putsch treize ans plus tôt, ont fini d’exaspérer. Le président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, qui lui donnait encore du « cher parent », estime désormais que l’homme « a perdu toute mesure ».
Le sacre de Bokassa Ier, intervenu deux ans plus tôt, est dans toutes les têtes. D’un côté, la France a prêté son concours au projet. C’est elle qui a réglé les factures en souffrance chez les meilleurs artisans parisiens, ceux qui ont fourni carrosses et manteaux d’hermine. De l’autre, cette parodie de couronnement napoléonien a achevé de dégrader le crédit d’un fantasque « Néron de la forêt équatoriale ». On le savait irascible, vaniteux, paranoïaque, on s’effraie de le découvrir franchement irrationnel. Pire : incontrôlable.
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