« Les échanges de représailles » entre l’Iran et les Etats-Unis « se sont intensifiés au cours du week-end », rapporte The Wall Street Journal.

L’armée américaine a déclaré dimanche soir 13 juillet mener de nouveaux bombardements contre des sites iraniens, après avoir frappé le sud du pays la nuit précédente, en représailles à des tirs de Téhéran contre un navire dans le détroit d’Ormuz. Via le réseau social X, le ‌commandement central de l’armée américaine (Centcom) ​a précisé que cette nouvelle opération visait à « continuer de dégrader la capacité (de l’Iran) à attaquer des marins civils et des navires commerciaux transitant librement par le détroit d’Ormuz ». Un peu plus tard, lundi matin, le Centcom a évoqué des « dizaines de cibles », parmi lesquelles « des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations ».

Selon le journaliste d’Al Jazeera Tohid Asadi, « les États-Unis ont ciblé des villes d’importance géostratégique le long du détroit d’Ormuz ». Des attaques ont notamment eu lieu dans la province d’Hormozgan à Jask, Sirik, sur l’île de Qeshm et à Bandar Abbas, où des explosions ont été signalées.

Des médias d’Etat iraniens ont affirmé dimanche que l’armée américaine a aussi visé le centre et l’ouest de l’Iran, « y compris des zones éloignées du détroit d’Ormuz », rapporte The New York Times dans son direct. Un responsable régional a notamment confirmé une frappe américaine dans la région de Khondab, une ville qui abrite « des installations iraniennes de production d’eau lourde », souligne Al Jazeera. Celle-ci sert à alimenter les réacteurs nucléaires.

Par ailleurs, une personne a été tuée et quatre autres ont été blessées lundi matin dans un bombardement américain qui a visé « la station de pompage d’eau agricole de la ville de Mahchahr », dans le sud-ouest de l’Iran, selon le gouverneur adjoint pour la sécurité de la province du Khuzestan (sud-ouest), Valiullah Hayati, cité par l’agence officielle Irna.

Déclarations contradictoires sur le statut du détroit d’Ormuz

« La reprise des violences jetait un doute supplémentaire sur l’avenir de l’accord de cessez-le-feu intérimaire entre les États-Unis et l’Iran signé le mois dernier », observe The Guardian.

L’Iran a « fermement condamné » dans la nuit de dimanche à lundi les frappes américaines sur son territoire et reproché à Washington d’avoir « réduit à néant tous les efforts de ces derniers mois » visant à rétablir la paix dans la région. Téhéran a aussi accusé les Etats-Unis d’avoir « ouvertement violé quasiment tous les termes » du protocole d’accord conclu en juin et causé le « retour de l’insécurité » dans le détroit d’Ormuz, dans un communiqué diffusé par le ministère des Affaires étrangères.

Les violences de ce week-end « ont intensifié la lutte pour le contrôle » de ce « corridor énergétique vital », note USA Today. Alors que l’Iran a affirmé samedi avoir fermé le détroit d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre », après avoir tiré des coups de semonce contre un navire qui empruntait une « route non autorisée », l’administration Trump a contredit dimanche les affirmations de Téhéran, souligne The Washington Post. Le détroit « est ouvert. Nous les avons bombardés comme jamais hier soir », a notamment affirmé le président américain Donald Trump dans l’émission « Meet the Press » sur NBC News.

Les pays du Golfe ciblés

Dans la nuit de dimanche à lundi, les pays du Golfe se sont, eux, de nouveau « retrouvés pris au milieu » des affrontements américano-iraniens, observe USA Today.

En représailles aux dernières frappes américaines, les Gardiens de la Révolution ont dit avoir bombardé des bases militaires utilisées par l’armée américaine, en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït, selon l’agence Irna. Celle-ci a fait état d’attaques contre les bases aériennes Prince Hassan en Jordanie et Ali al-Salem et Ahmad al-Jaber au Koweït, ainsi que le centre de commandement de drones américain à Bahreïn.