Chercheur CNRS en neurosciences computationnelles à l’Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier, Jérémie Naudé étudie les mécanismes impliqués dans l’apprentissage et la prise de décision, le rôle de neurotransmetteurs tels que la dopamine et la noradrénaline et la plasticité neuronale, en combinant modélisation mathématique et expérimentation. Il publie Neuro arnaque. Comment les faussaires du cerveau déguisent la politique en biologie (Textuel, 208 pages, 19,90 euros). Il considère que certains discours réactionnaires se parent de scientificité pour naturaliser des phénomènes en oblitérant leurs dimensions sociales, culturelles, environnementales ou économiques. Un essai critique qui entend rendre aux neurosciences et à la génétique leur juste place, et « ne pas laisser la biologie aux fascistes ».
Pourquoi avez-vous décidé de dénoncer ce que vous qualifiez de « neuro arnaque » ?
A cause d’une petite musique qui se fait entendre sur plusieurs sujets. Comme sur l’école, par exemple, lorsque certains prétendent que les inégalités scolaires seraient innées, inscrites dans la biologie des individus. Ou aux Etats-Unis, où l’administration actuelle supprime les politiques d’équité et d’inclusion, les couches défavorisées de la société étant considérées comme biologiquement inférieures. Ou encore, un peu partout dans l’espace public, la promotion d’idées selon lesquelles la crise écologique est le résultat du fonctionnement biologique de l’espèce humaine.
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