En direct Samedi 27 Juin 2026
Géopolitique

John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, plaide coupable de rétention de documents classifiés

Des cibles désignées de la vindicte du président républicain depuis son retour au pouvoir, il est la première à être reconnue coupable pénalement. Il encourt une peine de cinq ans de prison, devra s’acquitter d’une amende de 2,25 millions de dollars et renoncer à sa retraite fédérale.

John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, plaide coupable de rétention de documents classifiés
HaitiCreoleRadio.com

Devenu l’un de ses plus virulents détracteurs, un ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump lors de son premier mandat, John Bolton, a plaidé coupable, vendredi 26 juin, de rétention de documents relevant de la défense nationale.

Des cibles désignées de la vindicte du président républicain depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, John Bolton, 77 ans, est donc la première à être reconnue coupable pénalement.

« John Bolton, un ancien représentant des États-Unis d’Amérique très stupide, déséquilibré et incompétent, vient de plaider coupable ! » a réagi, vendredi soir, le président américain sur sa plateforme Truth Social, ajoutant « Espérons qu’il sera traité avec sévérité ! »

Inculpé en octobre par un jury fédéral du Maryland, près de Washington, M. Bolton avait initialement plaidé non-coupable des 18 chefs d’accusation pour divulgation et rétention de documents relevant de la défense nationale. Mais il a finalement plaidé coupable devant le tribunal d’un seul chef d’accusation : rétention de documents relevant de la défense nationale, en vertu d’un accord avec le parquet conclu début juin.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Donald Trump poursuit sa stratégie de vindicte judiciaire contre ses adversaires, malgré un lourd revers face à James Comey et Letitia James

Il encourt une peine maximale de cinq ans de prison, et devra également s’acquitter d’une amende de 2,25 millions de dollars et renoncer à sa retraite fédérale, a précisé la procureure fédérale pour l’Etat du Maryland, Kelly Hayes, à l’issue de l’audience.

Partage d’informations sensibles et Piratage

« Comme l’a reconnu M. Bolton, il a partagé plus de 1 000 pages d’informations sur ses activités quotidiennes en tant que conseiller à la sécurité nationale, y compris des informations liées à la défense nationale, avec deux personnes qui n’avaient ni accréditation de sécurité, ni besoin de connaître ces informations », a affirmé la procureure à l’issue de l’audience. « Elément notable, il l’a fait en utilisant son courrier électronique personnel, et des applications de messagerie non gouvernementales », a souligné Mme Hayes.

Les deux personnes avec lesquelles il a partagé ces informations, des membres de sa famille non identifiés par l’accusation, seraient son épouse et sa fille, notamment en vue de la rédaction de son livre, selon les médias américains.

Circonstance aggravante, en juillet 2021, un représentant de l’ex-conseiller à la sécurité nationale a informé le FBI, la police fédérale, que l’un des comptes de messagerie électronique qu’utilisait John Bolton avait été piraté après son départ du gouvernement par un hacker lié selon lui à l’Iran, pays envers lequel il prônait une ligne dure.

Mais « à aucun moment », M. Bolton n’a alerté les autorités sur le fait qu’il avait partagé sur ce compte « des informations relevant de la défense nationale, y compris des informations classifiées. Ni dit au FBI que les pirates informatiques avaient désormais ces informations », selon l’accusation.

Poursuites judiciaires

En juin 2020, il avait publié un livre au vitriol sur ses 17 mois passés comme conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, qu’il décrivait comme « inapte » à diriger les Etats-Unis. Avant John Bolton, deux autres cibles désignées de Donald Trump, l’ancien directeur du FBI James Comey, et la procureure générale de l’Etat de New York, Letitia James, avaient été inculpées pénalement.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’inculpation de James Comey, ancien directeur du FBI, marque le début des vengeances judiciaires de Donald Trump

Les poursuites contre James Comey et Letitia James avaient été annulées en novembre en raison de l’illégalité de la nomination de la procureure qui les avait engagées.

Mais l’ex-directeur du FBI a de nouveau été inculpé en avril, cette fois pour menace d’attenter à « la vie et l’intégrité physique » du président américain, au sujet d’une photo de coquillages publiée sur les réseaux sociaux.

Donald Trump, qui a nommé successivement à la tête du stratégique ministère de la justice deux de ses anciens avocats personnels, Pam Bondi, remplacée en avril par Todd Blanche, a fréquemment appelé publiquement à l’inculpation de ses adversaires politiques désignés.

Le Monde avec AFP

S’abonner
Article précédent IA : l’administration Trump autorise Anthropic à réactiver s… Article suivant Me. Yves Lafortune : Lettre ouverte au Premier Ministre Alix…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !