C’est une première dans la vie politique espagnole, pourtant embourbée depuis des années dans les affaires. José Luis Rodriguez Zapatero, ancien président du gouvernement (2004-2011), a été entendu le 17 juin par un juge de l’Audience nationale, la juridiction madrilène chargée des dossiers de grande corruption, en tant que « chef présumé d’une structure stable et hiérarchisée » de trafic d’influence.
L’enquête porte initialement sur le sauvetage public, en 2021, de la compagnie aérienne Plus Ultra, liée à des capitaux vénézuéliens. Depuis la perquisition de son bureau, le 19 mai, la justice y a ajouté fraude fiscale et contrebande présumées : des bijoux estimés à 1,3 million d’euros ont été découverts, sans que l’ancien président puisse justifier du paiement des droits de douane à l’importation. Les enquêteurs cherchent à déterminer si ses activités de conseil correspondaient à de véritables prestations ou à la monétisation de son accès aux décideurs.
L’audition a duré un peu plus de deux heures. Dans un communiqué publié à l’issue, M. Zapatero a affirmé s’être « conduit avec décence et honnêteté » et a promis de le démontrer « avec une totale transparence ». « On m’accuse de délits très graves que je n’ai pas commis. Ce qui est le plus douloureux, quand on se sait innocent, c’est de savoir que des gens peuvent se sentir trahis », a-t-il ajouté.
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