Internationalement reconnu pour ses falaises de granit, ses glaciers, ses lacs, ses séquoias et sa faune, le parc national de Yosemite, en Californie, figurait en 2025 au cinquième rang des parcs nationaux les plus visités des Etats-Unis, avec 4,28 millions de visites comptabilisées cette année-là.
Un joyau naturel dont une petite partie pourrait être cédée à un promoteur immobilier privé, d’après des révélations du site d’information américain Notus, vendredi 28 août, selon lequel l’administration Trump étudierait secrètement depuis un peu plus d’un an la possibilité d’une telle opération.
Le média détaille que le gouvernement a étudié plusieurs possibilités pour octroyer une bande de terre d’environ 400 mètres à une entreprise appartenant au promoteur Kingsbarn Realty Capital, basé dans l’Etat voisin du Nevada.
Un possible échange de terrain
Ce dernier a racheté, en 2024, une parcelle d’environ 35 hectares en lisière du parc. Le directeur général de Kingsbarn, Jeff Pori, souhaite construire une route pour rattacher ce terrain à l’un des axes principaux traversant le parc national, lui offrant donc un accès privilégié, révèle encore Notus, citant des sources proches du dossier.
En échange de cette cession, le National Park Service (NPS), l’organisme fédéral américain chargé des parcs nationaux, recevrait un terrain équivalent dans une autre zone en Californie. Reconnaissant que des négociations avaient eu lieu, le ministère de l’intérieur a affirmé qu’« aucune décision finale n’avait été prise » dans un communiqué envoyé à l’Agence France-Presse (AFP).
« Si une proposition progresse, le ministère suivra les procédures établies afin d’assurer une coordination appropriée, la transparence et la participation du public, conformément au droit fédéral », a-t-il encore précisé. Kingsbarn Realty Capital n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP dans l’immédiat.
« Attaque contre le peuple américain »
De son côté, l’Association de conservation des parcs nationaux (NPCA) s’est montrée très critique. Mark Rose, responsable à la NPCA du programme Sierra Nevada – qui couvre le parc de Yosemite –, a dénoncé « une attaque contre le peuple américain à qui appartient ce parc national ».
Un précédent projet pour construire une route avait été rejeté par les administrations Bush et Obama, et le propriétaire avait, à l’époque, perdu les recours qu’il avait présentés en première instance et en appel. Très populaires aux Etats-Unis, notamment au printemps et en été, les 63 parcs nationaux du pays ont accueilli plus de 320 millions de visiteurs en 2025, selon la NPCA.
Mais Mark Rose s’inquiète d’une « crise de surfréquentation » de Yosemite, protégé depuis 1864, en raison de la prolifération des hébergements en bordure du parc, mais aussi de la suppression du système d’enregistrement de véhicules par l’administration Trump, plus tôt dans l’année, censé y limiter la circulation.