C’est un revers pour l’administration Trump. Le projet de démantèlement d’un réseau d’observation océanique exploité depuis une décennie a été suspendu, jeudi 18 juin, après une mobilisation qui a gagné jusqu’à des sénateurs républicains.
Constituée de centaines d’instruments situés en profondeur dans les eaux de l’Atlantique et du Pacifique, cette installation appartient à l’Initiative des observatoires océaniques et est principalement financée par des fonds fédéraux au travers de la Fondation nationale pour la science (NSF). Cette dernière a déclaré, jeudi, prendre « acte des préoccupations exprimées » et mettre immédiatement en pause le démantèlement.
« La NSF ne procédera pas à d’autres retraits ni à une réduction du périmètre des équipements des réseaux restants, et poursuivra les opérations, y compris la maintenance prévue », a-t-elle fait savoir dans un communiqué. Quant à l’une des stations située au large de la côte nord-ouest américaine et dont les instruments ont déjà été retirés de l’eau, la fondation prépare « des plans pour redéployer l’équipement après sa révision », a-t-elle ajouté.
Cette annonce survient au lendemain de l’adoption par le Sénat d’un texte visant à empêcher l’administration Trump d’aller de l’avant avec ce démantèlement, annoncé en mai. Des élus des deux camps dénonçaient cette mesure qui relevait, selon eux, du gâchis, et mettait en péril les populations côtières. Installé il y a dix ans, ce réseau d’instruments a coûté plus de 360 millions de dollars (environ 310 millions d’euros), selon la presse américaine, et était pensé pour rester en activité pendant vingt-cinq ans.
Données cruciales
Ses données sont utilisées par les scientifiques pour étudier les environnements côtiers, les écosystèmes marins et les courants puissants qui influencent le climat mondial. Le réseau a ainsi permis de comprendre comment l’océan absorbe les gaz à effet de serre de l’atmosphère ou encore d’évaluer les effets des vagues de chaleur marines sur les ressources en poisson.
« Nous ne pouvions tout simplement pas nous permettre de nous débarrasser » de cette infrastructure « sans égal dans le monde », a insisté, jeudi, Chris Robbins, de l’ONG Ocean Conservancy, dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse. M. Robbins salue une décision de « bon sens ».
Ce réseau « fournit des données qui sauvent littéralement des vies et préservent des moyens de subsistance », a-t-il relevé. Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump s’en est pris à la recherche sur l’environnement et le réchauffement climatique, sabrant dans les budgets de ces initiatives.