Barack Obama a réuni autour de lui à Chicago trois anciens présidents américains, le républicain George W. Bush et les démocrates Bill Clinton et Joe Biden, pour l’inauguration, jeudi 18 juin, de son musée présidentiel. Ils ont pris place, avec leurs épouses Laura Bush, Hillary Clinton et Jill Biden, derrière Michelle Obama et les deux filles du couple, Malia et Sasha.
Ce sont ainsi tous les locataires de la Maison Blanche depuis 1992 qui se trouvaient rassemblés pour l’occasion, à l’exception de son occupant actuel, Donald Trump, qui prend régulièrement le premier président noir des Etats-Unis pour cible et a comparé le massif édifice de pierre grise à une poubelle.
Barack Obama, aujourd’hui âgé de 64 ans, a entamé son discours en se souvenant de « l’après-midi de fin d’été de 1985, il y a plus de quarante ans », où il est arrivé à Chicago, à une vingtaine d’années.
L’ex-président démocrate a récolté des applaudissements nourris quand, évoquant le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis qui approche, il a rappelé qu’elle établissait qu’il n’y aurait « pas de rois ». Des mots interprétés comme une allusion au mouvement de contestation anti-Trump « No Kings » qui s’est formé après le retour au pouvoir de son successeur à la Maison Blanche.
A la tribune, il a défendu sa vision des Etats-Unis comme une « indéniable force au service du bien dans le monde », plutôt que celle d’une Amérique qui « essaie de dominer, intimider et saisir la moindre occasion, juste parce qu’elle le peut ». Il a également dit sa conviction que la majorité des Américains « ne cherchent pas division et colère perpétuelles » mais « équité et respect mutuel ».
Bruce Springsteen, Stevie Wonder et Bono sur scène
Avant, Michelle Obama avait rendu hommage à son mari – qui a « reçu un prix Nobel de la paix », a-t-elle rappelé, une distinction que Donald Trump convoite – et présenté le centre culturel flambant neuf comme un « message d’espoir ».
« Quand tout a l’air sens dessus dessous, que les faits et la fiction se mélangent, que certains cherchent à museler la liberté d’expression, à restreindre l’accès à l’éducation, à dévaloriser la diversité et à effacer les pages dérangeantes de notre histoire, j’espère que ce lieu peut offrir un répit », a souhaité l’ex-première dame.
La cérémonie a réuni un prestigieux parterre de célébrités, de la reine des talk-shows Oprah Winfrey au réalisateur Steven Spielberg et à l’acteur Tom Hanks. L’ex-chancelière allemande Angela Merkel a fait le déplacement jusqu’à Chicago tout comme l’ancien premier ministre canadien Justin Trudeau. Côté démocrates, étaient présentes Kamala Harris, candidate malheureuse à l’élection présidentielle en 2024, et Nancy Pelosi, ancienne speaker de la Chambre des représentants et grande figure démocrate.
Sur scène se sont succédé Christina Aguilera, Bono, Bruce Springsteen, John Legend ou encore Stevie Wonder.
Des centaines de curieux, certains venus du South Side de Chicago, d’autres ayant voyagé depuis l’Afrique pour l’occasion, se sont rassemblés dans un grand parc adjacent pour suivre l’inauguration du Centre présidentiel Obama, qui a coûté 850 millions de dollars. Ils pourront s’y presser dès vendredi pour le visiter.
Une tour en granit de 69 mètres
Barack Obama a bâti son musée présidentiel dans les quartiers sud de Chicago, où il a longtemps vécu avec sa femme Michelle, où leurs filles sont nées et où sa trajectoire politique, qui l’a conduit à la Maison Blanche pour deux mandats, de 2008 à 2016, a débuté.
Une tour en granit de 69 mètres, quasiment sans fenêtres, qui abrite les collections exposées. Une statue du couple Obama en train de saluer, légèrement plus grande que nature, accueille les visiteurs.
Le musée monolithique, surnommé par certains « Obamalisque » quand d’autres le comparent à un vaisseau de la saga Star Wars, est le point d’ancrage du vaste site installé dans le South Side de Chicago. Autour se trouvent un autre bâtiment avec un terrain de basket, une vaste aire de jeux et une bibliothèque numérique, la première dématérialisée parmi les bibliothèques présidentielles.
Il est de tradition que les anciens présidents américains fassent édifier un centre culturel après avoir quitté le pouvoir. Donald Trump a déjà évoqué le projet de construire le sien à Miami.