Les autorités saoudiennes ont annoncé, vendredi 11 septembre, la fermeture temporaire de l’oléoduc Est-Ouest, voie d’exportation de brut cruciale pour contourner le verrouillage du détroit d’Ormuz, après des attaques attribuées à des drones tirés d’Irak.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Ryad a accru le recours à cet oléoduc, d’une capacité de sept millions de barils par jour, débouchant sur la mer Rouge à l’ouest de la péninsule arabique. « Le pipeline a été fermé par précaution », a déclaré vendredi un responsable du ministère de l’énergie saoudien, cité par l’agence de presse officielle SPA, ajoutant que les attaques avaient fait plusieurs blessés.
Des images satellites diffusées par Eumetsat montraient une épaisse fumée noire, jeudi matin, s’élevant au-dessus de cet oléoduc stratégique. Le ministère des affaires étrangères saoudien a condamné « le ciblage du pipeline Est-Ouest dans les régions de Riyad et de Médine par plusieurs drones en provenance d’Irak, ce qui a causé des blessures humaines et des dégâts qui sont en cours de réparation », dans un communiqué publié vendredi.
Les services du premier ministre irakien, Ali Al-Zaidi, ont confirmé que l’attaque venait du territoire irakien et ont annoncé, sur X, le limogeage du commandant chargé de la province de Missan, dans le sud du pays. Le gouvernement irakien a condamné les attaques « qui ont visé le Royaume frère d’Arabie saoudite et [réaffirmé] son rejet de toute agression portant atteinte à la sécurité et à la stabilité du Royaume », dans un communiqué.
Ryad a précisé avoir choisi, « à la demande du premier ministre irakien », de « ne pas réagir à ce stade et de soutenir les efforts du gouvernement irakien (…) pour empêcher les attaques lancées depuis l’Irak contre le Royaume et les pays voisins ». Le pays avait précédemment accusé des milices irakiennes soutenues par l’Iran d’avoir pris pour cible ses infrastructures pétrolières.
« Escalade dangereuse »
L’Arabie saoudite, comme plusieurs pays du Golfe alliés des Etats-Unis, a été attaquée à plusieurs reprises par l’Iran, ces derniers mois, en représailles aux bombardements de l’armée américaine.
Le royaume dirige aussi la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite face aux rebelles houthistes pro-iraniens, qui ont lancé cette semaine une attaque d’ampleur contre son territoire. Les autorités du Bahreïn, de Jordanie et du Qatar, ont condamné les attaques contre le pipeline saoudien, le Conseil de coopération du Golfe dénonçant « une escalade dangereuse et une menace inacceptable contre la sécurité du Royaume ».
Depuis le début de la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, Ryad a augmenté les volumes de brut transportés par cet oléoduc, qui relie Abqaïq, près du Golfe, au port de Yanbou, sur la mer Rouge, pour contourner le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran.