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Haïti est dirigé par l’ambassade américaine, déclare Erik Prince

Erik Prince, fondateur de Blackwater et dirigeant de Vectus Global, ne mâche pas ses mots. Dans un épisode de son podcast Off Leash, il a affirmé sans détour qu’Haïti est, en réalité, « dirigé par l’ambassade américaine » et par le Département d’État à Washington. Selon lui, le p

Haïti est dirigé par l’ambassade américaine, déclare Erik Prince
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11 septembre 2026
Haïti est dirigé par l’ambassade américaine, déclare Erik Prince 
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Haïti est dirigé par l’ambassade américaine, déclare Erik Prince 

  • by Rezo Nodwes
  • 11 septembre 2026
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Erik Prince, fondateur de Blackwater et dirigeant de Vectus Global, ne mâche pas ses mots.  Dans un épisode de son podcast Off Leash, il a affirmé sans détour qu’Haïti est, en réalité, «  dirigé par l’ambassade américaine » et par le Département d’État à Washington. Selon lui, le  pays est « effectivement une nation gérée par les États-Unis », un parfait exemple d’« un art  de gouverner totalement raté et incompétent ». 

Prince développe : Haïti « ne peut pas se diriger lui-même ». Après chaque crise – assassinat,  ouragan, séisme, famine –, le pays retombe dans le chaos, et c’est l’ambassade américaine,  appuyée par le siège du Département d’État, qui tient les rênes. Il accuse nommément certains  diplomates, dont Brian Nichols (alors secrétaire d’État adjoint pour l’hémisphère occidental),  d’avoir bloqué des réformes vitales, notamment un plan qui aurait permis à Haïti de financer  sa propre force de sécurité en renégociant le prix du carburant. 

Ces déclarations, datant de 2024, résonnent aujourd’hui avec une ironie particulière. Car le  même Erik Prince a, depuis, signé un contrat avec les autorités haïtiennes. Via Vectus Global,  il mène des opérations contre les gangs, déploie des drones, des snipers et plusieurs centaines  de combattants, et ambitionne un engagement de dix ans qui inclut, une fois la sécurité  rétablie, une participation à la collecte des impôts et des droits de douane à la frontière  dominicaine. 

Prince ne se contente pas de décrire une situation : il la diagnostique comme un échec  structurel de la tutelle américaine. Selon lui, Washington installe des dirigeants (il cite Ariel  Henry), freine les réformes sérieuses, et laisse le pays s’enfoncer dans ce qu’il appelle « The  Purge » en version réelle. Le contraste qu’il dresse avec le Salvador de Nayib Bukele est  cinglant : là où un dirigeant local a repris le contrôle face aux gangs, le Département d’État a,  selon lui, résisté. 

Mais le paradoxe est frappant. Celui qui dénonce la mainmise de l’ambassade américaine sur  Haïti est devenu l’un des acteurs les plus visibles de la sécurisation du pays… avec l’aval, au  moins tacite, des autorités haïtiennes et sous le regard des États-Unis. Les responsables  américains affirment n’avoir ni financé ni supervisé le contrat de Vectus Global. Pourtant, la  présence d’un proche allié de Donald Trump, opérant avec des drones armés et des  mercenaires internationaux sur le sol haïtien, soulève inévitablement la question : s’agit-il  d’une rupture avec la « gestion par l’ambassade », ou d’une nouvelle forme, plus discrète et  privatisée, de la même influence ? 

Les déclarations de Prince mettent en lumière une réalité que beaucoup préfèrent ignorer : la  souveraineté haïtienne est, depuis longtemps, relative. Elles exposent aussi la logique de  l’entrepreneur de sécurité privée. Puisque l’État haïtien est, à ses yeux, incapable et que la  tutelle américaine est incompétente, alors la solution doit venir du secteur privé – le sien. 

Haïti, pays « dirigé par l’ambassade américaine » selon Erik Prince, se retrouve aujourd’hui  avec une société de sécurité privée américaine au cœur de sa stratégie sécuritaire et,  potentiellement, fiscale. Les propos de Prince ne sont pas seulement une critique. Ils sont le  prélude à une intervention. Et c’est précisément ce qui les rend si révélateurs.

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Rezo Nòdwès est un journal numérique citoyen, indépendant et participatif, consacré à l’information, à l’analyse et au débat autour des réalités haïtiennes et de l’actualité nationale et internationale.

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