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Géopolitique

L’armée française de 1890 à 1914, un frémissement proto-opératif ?

On attribue au théoricien soviétique Alexandre Svetchine la paternité de l’« art opératif », concept devenu structurant dans l’emploi de l’instrument de puissance militaire. L’armée française des années 1890-1914 a connu un frémissement proto-opératif : une organisation du command

  • On attribue au théoricien soviétique Alexandre Svetchine la paternité de l’« art opératif », concept devenu structurant dans l’emploi de l’instrument de puissance militaire.

  • L’armée française des années 1890-1914 a connu un frémissement proto-opératif : une organisation du commandement et des armées qui n’émerge pas ex nihilo de la Première Guerre mondiale.

  • Une forme d’organisation opérative a-t-elle sauvé l’armée française à l’été 1914 ?

On attribue généralement au théoricien soviétique Alexandre Svetchine la paternité d’un concept « d’art opératif » qui permettrait de faire contribuer l’usage des opérations militaires à l’atteinte d’objectifs stratégiques qui sont eux-mêmes la traduction directe d’une volonté politique. Depuis 1945, fortes de l’expérience d’une guerre d’ampleur mondiale menée sur plusieurs théâtres géographiquement très éloignés, les cultures militaires occidentales se sont également approprié le terme et ont complété le concept soviétique par une organisation. Le niveau opérationnel est ainsi devenu une strate de commandement chargée d’atteindre sur un théâtre les objectifs du niveau stratégique et, à ce titre, entre autres dotée de forces et d’une organisation logistique.

La genèse d’un concept devenu structurant dans l’emploi de l’instrument de puissance militaire de nos jours est intéressante à explorer. Dans la lignée des travaux de Benoist Bihan et Jean Lopez, on peut constater qu’il n’émerge pas ex nihilo de l’expérience de la Première Guerre mondiale. Cette conviction émerge de travaux de thèse sur les grandes manœuvres de l’armée française entre 1871 et 1914, exemple sur lequel s’appuie largement la démonstration qui suit. Nous nous proposons donc de décrire dans cet article ce que nous pourrions qualifier de frémissement proto-opératif en France, dans les années qui précèdent la Grande Guerre. Avec l’audace de l’usage d’un concept anachronique, nous posons même la question : une forme d’organisation opérative a-t-elle sauvé l’armée française à l’été 1914 ?

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