Parmi les thèmes délaissés durant la campagne pour les législatives du jeudi 2 juillet en Algérie, qui s’est achevée dimanche 28 juin, il en est un qui aurait pourtant pu capter l’attention des électeurs : l’économie. Car les défis ne manquent pas pour le pays le plus étendu et le plus peuplé d’Afrique du Nord. « Lorsqu’ils abordent la question économique, les candidats à la députation s’affranchissent de toute approche globale, nationale. Ils se positionnent sur le terrain local, pour éviter d’aborder les choix structurants en matière de politique de développement », observe le journaliste et économiste Ihsane El Kadi.
Le dirigeant du groupe de presse indépendant Interface Médias (qui édite le site d’informations Maghreb Emergent) y voit l’un des symptômes de l’assèchement du débat public. « Les candidats sont dans une posture d’obédience quasi généralisée vis-à-vis de la présidence, se désole celui qui fut l’un des porte-voix du Hirak, le mouvement de contestation prodémocratie qui ébranla le pays pendant un an, en 2019. Les derniers îlots de contestation au sein de la classe politique sont ceux qu’occupent le Rassemblement pour la culture et la démocratie, qui estime que le développement économique ne peut se faire sans respect des libertés, et le Parti des travailleurs, en faveur du pouvoir d’achat des travailleurs, de l’annulation des dettes internationales ou de la nationalisation des ressources naturelles. »
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