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Venezuela : forte secousse ressentie à Caracas et La Guaira, cinq jours après le double séisme meurtrier

Le double séisme survenu mercredi a fait au moins 1 450 morts et des dizaines de milliers de disparus, selon le dernier bilan. Le pays oscille entre farouche volonté de sauver des vies supplémentaires et exaspération à l’égard d’autorités jugées défaillantes.

Venezuela : forte secousse ressentie à Caracas et La Guaira, cinq jours après le double séisme meurtrier
HaitiCreoleRadio.com

Une nouvelle secousse a fait trembler Caracas et La Guaira, dans le nord du Venezuela, lundi 29 juin, cinq jours après le double séisme qui a fait au moins 1 450 morts et des dizaines de milliers de disparus.

« Nous venons d’avoir une réplique d’intensité modérée. Nous n’avons pas de signalements de dommages supplémentaires dans aucune partie du territoire national », a affirmé sur la messagerie Telegram Jorge Rodriguez, président de l’Assemblée nationale, après une secousse de magnitude 4,6 dans l’Etat de La Guaira, ravagé par le séisme de mercredi.

« Ce matin, nous étions en train de nous préparer, justement, quand il y a eu une réplique (…) faisant rebondir le sol. Nous l’avons tous sentie. La panique a été horrible », a affirmé Fernan Hernandez, un habitant de La Guaira de 57 ans, devant l’immeuble de cinq étages qui a enseveli son frère, José René Hernandez. « Ce que nous voulons vraiment, c’est qu’on nous aide (…) pour retrouver les corps », a-t-il ajouté, alors que dans le pays la frustration augmente face à une mobilisation du gouvernement jugée insuffisante.

Des images de drones de l’Agence France-Presse (AFP) montrent des quartiers entiers dans lesquels aucun immeuble n’a résisté aux secousses sismiques. Les secours s’y activent avec méthode, devant les proches de disparus rivés sur les décombres dans l’espoir de retrouver leurs proches vivants.

Estimation de 50 000 disparus

Un homme et son fils adolescent ont été sauvés dimanche, près de quatre jours après le double séisme, à Caraballeda, ville côtière au nord de Caracas, a rapporté l’AFP. Les sauveteurs américains et français ont descendu d’une montagne de gravats le jeune et son père, choqués et épuisés, nus sur des brancards.

Un total de 774 immeubles ont été touchés par des séismes successifs de magnitude 7,2 et 7,5. Dès lors que les grandes catastrophes naturelles ne laissent guère plus de soixante-douze heures pour retrouver des survivants, le pays oscille entre farouche volonté de sauver des vies supplémentaires et exaspération à l’égard d’autorités jugées défaillantes.

Dimanche, Jorge Rodriguez a fait état de 189 bâtiments entièrement effondrés et de 1 450 morts « à la suite de la plus brutale catastrophe naturelle que notre pays ait subie de toute son histoire ». Les Nations unies estiment le nombre de disparus à environ 50 000.

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« Un permis pour sauver des vies »

« Tout le monde dit qu’il ne reste plus personne, mais nous sommes toujours là à attendre. Pour voir si nous pouvons encore faire sortir quelqu’un », explique Eduardo Cardozo, un ouvrier agricole venu aider les sauveteurs d’une zone sinistrée de Tucacas, sur la côte. « Le plus difficile, c’est quand nous sommes entrés en rampant dans les tunnels (…) et qu’en atteignant [ceux que l’on cherchait] nous les avons trouvés sans vie », confie Luis Salas, 27 ans, lui aussi volontaire.

A Caraballeda, où des images aériennes montrent des quartiers entiers réduits en poussière, des riverains exaspérés par la passivité des militaires ont obligé dimanche un groupe de soldats à prendre pelles et pioches pour participer aux efforts.

« Un général est arrivé avec une vingtaine de militaires armés et ils sont restés collés à un mur. On devait sortir une personne qui était morte et eux, tranquilles, dans un coin… », a décrit à l’AFP Alexander Mijares, secouriste volontaire et commerçant de 26 ans. Des soldats ont ensuite commencé à dégager des débris.

« Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent. Nous avons retrouvé des personnes vivantes (…). Nous gardons toujours l’espoir », a affirmé la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, prolongeant la fermeture des écoles une semaine de plus.

Dans le quartier de San Bernardino, à Caracas, des sauveteurs ont escaladé un immeuble effondré, utilisant des perceuses pour briser le béton et formant des chaînes humaines pour évacuer les décombres à la main. A Chacao, un autre quartier de la capitale, de grands écrans publicitaires diffusaient les visages de personnes disparues dans l’espoir de les localiser.

Pendant de nombreuses heures avant l’arrivée des premiers secouristes étrangers, les Vénézuéliens ont dû fouiller les décombres à mains nues par manque d’engins de chantier et de levage.

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Le gouvernement a restreint l’accès à l’Etat de La Guaira en imposant aux bénévoles l’obtention d’un laissez-passer. « Il faut un permis pour sauver des vies… rendez-vous compte », s’est indigné Carlos Itriago, 27 ans.

Quelques centaines de soldats de l’armée de l’air américaine sont déjà sur place pour soutenir l’« accroissement du flux essentiel du trafic aérien entrant et sortant », a fait savoir le commandement militaire des Etats-Unis pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Un détachement supplémentaire de 130 marines doit poser le pied au port de La Guaira, dans le Nord, pour acheminer des fournitures et des équipements par voie maritime.

Très critiquée, Delcy Rodriguez a remercié les 24 pays étrangers qui ont envoyé plus de 520 tonnes de matériel, 2 700 secouristes et 86 équipes avec des chiens. Les dommages sont évalués à près de 7 milliards de dollars, soit 6 % du PIB du pays, selon l’ONU.

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Le Monde avec AFP

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