L’exode des chercheurs américains, en butte aux attaques de l’administration Trump contre les universités et la recherche scientifique, se poursuit – et certains trouvent refuge en Espagne. C’est le cas de 21 d’entre eux, sur les 37 candidatures retenues lors de la toute dernière session du programme Atrae, lancé en 2023 par le gouvernement de Pedro Sánchez, rapporte El País.

“Depuis trois ans, plus de 254 chercheurs du monde entier ont postulé dans le cadre de ce programme qui vise à attirer en Espagne des chercheurs de renommée internationale. Parmi eux, 33,5 % étaient basés aux États-Unis”, indique le quotidien madrilène.

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En 2023, aucune candidature n’était venue d’outre-Atlantique. En 2024, 16 % des dossiers ont été déposés par des postulants américains. L’année dernière, cette proportion a doublé, “conséquence des tentatives de Donald Trump pour exercer un contrôle politique sur les programmes de recherche conduits aux États-Unis”.

Parmi les candidats sélectionnés, tous ne sont pas de nationalité étasunienne, mais tous faisaient partie d’un laboratoire basé aux États-Unis. Et tous témoignent aujourd’hui de la situation “très compliquée” dans laquelle se trouvent leurs collègues encore sur place. “Je n’ai jamais vu ça. Je suis très peinée pour les chercheurs et les étudiants. Ils sont très talentueux et font face à de graves difficultés. Les États-Unis sont en train de faire un pas en arrière”, confirme Audrey Sawyer, une hydrogéologue floridienne de 43 ans.

L’administration Trump “s’est attaquée systématiquement à la science en réduisant les budgets et en gelant les fonds et les subventions qui soutiennent des recherches essentielles en biomédecine, sur le changement climatique et l’exploration spatiale”, rappelle El País. À quoi il faut ajouter une guerre ouverte menée contre certaines universités.

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L’Italien Vincenzo Calvanese poursuit des recherches sur la leucémie. Il a passé dix ans aux États-Unis, pour l’essentiel à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), avant de tenter sa chance en 2024 lors de l’appel à candidatures du programme Atrae. Il est à présent à la tête d’un nouveau laboratoire à l’Institut de recherche sur la leucémie Josep Carreras (IJC) de Barcelone. “J’ai personnellement contacté aux États-Unis des personnes susceptibles d’être intéressées par la bourse Atrae. Je leur explique qu’il s’agit de l’une des rares opportunités pour garantir l’avenir de la recherche et obtenir une certaine sécurité professionnelle.”

Cette année encore, chacun des scientifiques sélectionnés dans le cadre du programme Atrae recevra en moyenne 1 million d’euros pour constituer son équipe de recherche et créer son propre laboratoire en Espagne au sein d’une institution scientifique ou d’une université.