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Astronomie

L’habit fait bel et bien le moine

Et si nos vêtements avaient une influence sur notre comportement ? Dans sa Carte blanche au « Monde », Sylvie Chokron se penche sur un nouveau champ d’études en neurosciences, qui met à mal un vieux dicton.

L’habit fait bel et bien le moine
HaitiCreoleRadio.com

Nous avons grandi avec l’idée qu’il ne faut pas se fier aux apparences et que l’habit ne fait pas le moine. Et pourtant ! Un nouveau champ d’études en neurosciences a émergé récemment, qui s’intéresse justement à l’influence des vêtements portés sur le comportement et la cognition.

Tout a commencé par la description de l’« effet blouse blanche ». Thomas Pickering, de l’université Columbia (New York), a été l’un des premiers à expliquer, en 1988, que des patients pouvaient avoir une tension artérielle située dans la norme lorsqu’ils la mesuraient à leur domicile, alors qu’une augmentation significative était notée si elle était prise à l’hôpital. Fait plus étonnant, la tension était encore plus élevée lorsqu’elle était mesurée par un médecin en blouse blanche plutôt que par un technicien, d’où le terme d’« effet blouse blanche ». Cette différence entre prise de tension à domicile et à l’hôpital avait déjà été observée des décennies plus tôt par David Ayman, de l’université Tufts (Massachusetts), mais celui-ci l’avait attribuée à l’environnement de la mesure, et non spécifiquement au port de la blouse.

De façon assez surprenante, la blouse blanche n’influence pas seulement nos réactions ; elle peut aussi avoir des effets sur nos capacités cognitives. Hajo Adam et Adam Galinsky, respectivement de l’université de Bath (Royaume-Uni) et de l’université Columbia, ont soumis trois groupes de sujets à des tests d’attention visuelle (test de Stroop). Alors que le premier groupe portait des blouses présentées comme des blouses de médecin, le deuxième portait des blouses dites « de peintre », et le troisième était encouragé à regarder simplement une tenue de médecin.

Les résultats sont stupéfiants : le port d’une blouse dite « de médecin » améliore de manière significative les performances des sujets ! Tout se passe donc comme si les sujets étaient influencés non seulement par le port de ce vêtement, mais également par la conscience d’être dans la peau d’un médecin rigoureux (et non d’un artiste peintre !).

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