La stratégie nationale « L’intelligence artificielle pour tous », présentée le 4 juin par le gouvernement canadien, fait face à des vents contraires, chez les élus comme sur le terrain. L’opposition, à gauche comme à droite, cible deux angles morts : l’IA y est présentée comme créatrice d’emplois, au risque d’oublier ceux qu’elle pourrait détruire, et son impact sur les ressources naturelles n’est presque pas évoqué.
Avec son plan ambitieux, le premier ministre canadien, Mark Carney, entend faire de l’IA l’un des piliers de la croissance du pays, avec pour objectif la création de 250 000 emplois d’ici à 2031. Il mise aussi sur la construction d’une « IA canadienne souveraine », Ottawa jugeant préoccupante la dépendance du pays aux infrastructures numériques états-uniennes. « Dans le monde virtuel comme dans le monde physique, nous serons maîtres chez nous », a affirmé M. Carney lors du lancement de cette stratégie – une ambition réaffirmée, le 14 juin, depuis l’Irlande. Le plan repose sur des investissements massifs, notamment pour construire des centres de données capables d’héberger les systèmes gargantuesques de l’IA à l’avenir.
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