La Bulgarie a remporté samedi une édition de l’Eurovision tonitruante et controversée, devançant Israël au terme d’un suspense haletant – tant sur le plan musical que géopolitique – dans les tout derniers instants de la compétition”, raconte The Hollywood Reporter.

Alors qu’elle ne figurait même par dans le top 5 des bookmakers à l’aube de la finale à Vienne, “la Bulgarie a raflé, contre toute attente, aussi bien le vote du jury que celui du public parmi les 25 finalistes nationaux”, récoltant pas moins de 516 points grâce au titre dancehall percutant “Bangaranga” de la pop star Dara.

À ceux qui se demanderaient ce que signifie “bangaranga”“rébellion” en patois jamaïcain, selon l’AFP –, Dara a donné sa propre explication samedi soir : il s’agit de “ce sentiment que chacun éprouve au moment précis où l’on choisit de se laisser guider par l’amour plutôt que par la peur”.

De la peur, la chanteuse de 27 ans a dû en ressentir dans les dernières secondes de la compétition, lorsque le candidat israélien Noam Bettan, malgré les huées d’une partie du public, faisait encore la course en tête des votes du public – alors qu’il n’était que huitième au classement des jurés.

Édition politiquement chargée

Mais au final, Israël a dû se contenter de la deuxième place, comme l’an dernier. La candidate de la Roumanie, Alexandra Capitanescu, 22 ans, est arrivée troisième avec “Choke me”, devant l’Australie – pourtant présentée comme favorite, avec la Finlande – et l’Italie. La France, représentée par Monroe et sa chanson de pop opéra “Regarde ! ”, a fini onzième.

Cette 70e édition de l’Eurovision était particulièrement chargée politiquement, “les préparatifs du concours” ayant été “éclipsés par des protestations contre la participation d’Israël en raison du lourd bilan humain de la guerre à Gaza”, rappelle la BBC.

Cinq pays ont boycotté l’événement, parmi lesquels l’Espagne, l’Islande et l’Irlande, sept fois victorieuse – le plus grand boycott de l’histoire de la compétition –, et “des manifestations ont eu lieu dans le centre-ville de Vienne en amont de la grande finale”, note le diffuseur britannique.

“Des protestations étaient également redoutées durant la prestation d’Israël, après que le chanteur Noam Bettan eut été chahuté par des slogans anti-israéliens lors de la demi-finale de mardi”, ajoute la BBC. Mais samedi soir, “aucun incident n’est venu perturber sa chanson”.