Le premier jour au pouvoir du nouveau président colombien, Abelardo de la Espriella, a été marqué, samedi 8 août, par deux attaques qui ont coûté la vie à un policier et fait plusieurs blessés. Le chef de l’État a réaffirmé sa volonté de prendre des mesures radicales contre le crime organisé.
Cet ancien avocat représentant de la droite dure entame son mandat au moment où la Colombie traverse sa pire vague de violence depuis une décennie. Dans le département de Cesar, au nord de la Colombie, un agent a été tué dans une attaque de drones chargés d’explosifs contre un poste de police, selon la police.
Sur une route près de la ville de Cali (sud-ouest), où le nouveau président a été investi vendredi, des dissidents de la guérilla des Farc ont détruit avec des explosifs un péage en construction. Des gardes de sécurité ont été légèrement blessés dans l’attaque contre l’infrastructure, située sur la route panaméricaine, sur le territoire de la commune de Santander de Quilichao. L’armée a imputé l’attaque contre le péage au groupe dissident.
« Pas de refuge, pas de ménagements, pas d’impunité »
Près de Cali, dans le département du Cauca, opère une dissidence de l’ex-guérilla des Farc, dirigée par Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie. Les dissidents des Farc ont refusé de se joindre à l’accord de paix conclu avec le gouvernement en 2016.
« Attaquer les infrastructures du pays, c’est attaquer le progrès, la mobilité et la tranquillité de millions de Colombiens », a réagi, samedi sur X, Abelardo de la Espriella, ajoutant qu’il n’y aurait « pas de refuge, pas de ménagements, pas d’impunité » pour les responsables. « Nous sommes tous sous tension, assez tendus et nerveux », a déclaré à l’Agence France-Presse Roberto Sandoval, pompier et habitant d’un quartier voisin du péage.
Lors de son investiture, le nouveau président, représentant de la droite dure, a promis de combattre « sans répit le narcoterrorisme et toutes les organisations criminelles », et affirmé que l’option du dialogue avec les principaux groupes armés était complètement épuisée.
M. de la Espriella a promis d’intensifier, avec le soutien d’Israël et des Etats-Unis, les bombardements contre les guérillas et les narcotrafiquants qui sont actifs en Colombie et de construire des prisons de très grande capacité, similaires à celle du Salvador. Il a également annoncé son intention d’interrompre les négociations de paix entamées par son prédécesseur le dirigeant de gauche Gustavo Petro avec les principaux groupes armés du pays.
Premières mesures
Samedi, l’armée a mené ses premières opérations sous le nouveau gouvernement. Elle a capturé un homme connu sous le nom de « Bonito », présenté comme le « deuxième commandant » des Comandos de la frontera, une dissidence des Farc opérant entre la Colombie et l’Équateur, a annoncé M. de la Espriella.
Plus tôt, l’armée a abattu, dans le sud-est du pays, un cadre intermédiaire de la Segunda marquetalia – une autre dissidence des Farc – connu sous le pseudonyme d’Alexis Perdomo.
Par ailleurs, parmi ses premières mesures, M. de la Espriella a ordonné le transfert vers des prisons de haute sécurité de 117 détenus « de haut profil » qui ont participé aux dialogues de paix avec M. Petro, a assuré le gouvernement, dans un communiqué publié samedi.
Ces détenus d’une prison de la périphérie de Medellin (nord-ouest), poursuivaient des activités illégales « en toute liberté » depuis leur centre pénitentiaire, a affirmé M. de la Espriella dans une allocution vidéo. En avril, l’organisation d’une fête dans cette prison, avec de la musique en direct, avait provoqué un scandale national. « Ça, à l’ère du Tigre, c’est fini », a ajouté le nouveau président, en faisant référence à son surnom de campagne.
La veille, M. de la Espriella a tenu sa première réunion consacrée à la sécurité avec des autorités du sud-ouest du pays, a annoncé, sur X, Dilian Francisca Toro, gouverneure du département de Valle del Cauca, dont la capitale est Cali.
Lors de son premier jour au pouvoir, le nouveau gouvernement a également annoncé qu’il reconnaîtrait la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, comme les Etats-Unis l’avaient fait en 2020 sous Donald Trump. « Avec cette décision, la Colombie cherche à revitaliser sa relation avec le Maroc », a fait savoir le ministère des affaires étrangères dans un communiqué.