La compétition phare de la Fifa prend cette année une allure démesurée. La Fédération internationale de football a convoqué seize équipes supplémentaires par rapport à l’édition qatarie de 2022. Résultat : la Coupe du monde se voit enrichie d’un tour (les seizièmes de finale) et sera la plus longue de l’histoire puisqu’elle se clôturera le 19 juillet après 39 jours et 104 matchs disputés.
Après s’être essayée à la double organisation en 2002 avec la Corée du Sud et le Japon), la Fifa a choisi pour 2026 trois pays hôtes : les États-Unis, le Canada et le Mexique… entre lesquels les tensions sont quasi permanentes depuis la réélection de Donald Trump en novembre 2024.
Les tensions géopolitiques ne seront pas absentes de la compétition. L’équipe d’Iran, pays avec lequel les États-Unis sont en guerre depuis plus de cent jours, sera contrainte de faire des allers-retours entre les États-Unis et le Mexique lors de ses jours de matchs. C’est une conséquence de la politique stricte de visas qui a été maintenue par les autorités états-uniennes. Quatre participants sont touchés : l’Iran donc et Haïti restent soumis à une interdiction totale, rapporte le réseau public NPR, la Côte d’Ivoire et le Sénégal à une interdiction partielle.
Parmi les premières victimes de ces mesures, Omar Abdulkadir Artan, de nationalité somalienne, “considéré comme le meilleur arbitre du continent africain”, note As, s’est vu refouler dès son arrivée sur le territoire américain.
Des retombées économiques inédites
Ce n’est pas là la seule polémique à enfler. Les supporteurs du monde entier se plaignent des prix des billets, soumis à la tarification dynamique, qui atteignent des sommets (mais ont soudainement baissé ces derniers jours) comme le coût des transports permettant de se rendre dans les différents stades. “Quels raffinements à bord peuvent justifier un tel tarif ? ironise un journaliste du Guardian. Un massage shiatsu personnalisé ? Un espace piscine ? Un menu gastronomique ? Un concert éclair – mais poignant – de Céline Dion dans l’allée centrale ?”
Et que dire sur le versant climatique ? Cette Coupe du monde 2026 sera probablement la plus polluante de l’histoire et “devrait produire environ 9 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre”, rapporte Yale Climate Connections. Les fortes températures attendues, alliées à un fort taux d’humidité, annoncent des confrontations très éprouvantes pour les joueurs. La Fifa a donc décidé de deux pauses fraîcheur dans chaque match. Un geste pas tout à fait désintéressé puisqu’elles seront l’occasion de diffuser des spots publicitaires. Car cette Coupe du monde de tous les excès s’annonce aussi comme la plus profitable pour la Fédération internationale, qui devrait, selon les chiffres diffusés par le Financial Times, lui rapporter 13 milliards de dollars, soit 11,2 milliards d’euros.
Entre les pays hôtes de la Coupe du monde 2026, plus qu’un simple conflit de voisinage
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