Le parfum sucré du malt et celui, amer, du houblon flottent comme un voile au-dessus de Freistadt, en Haute-Autriche, près de la frontière tchèque.

Le soleil réchauffe les rues pavées et les gens affluent sur la place principale pour profiter des premiers rayons du soleil de printemps. Le petit centre historique, entouré de vestiges des remparts, respire l’histoire, une histoire intimement liée à sa brasserie. Freistadt est en effet la dernière Braucommune d’Europe.

“Au sein d’une Braucommune [ou ‘ville-brasserie’], une personne qui possède une maison à l’intérieur des murs de la ville possède de ce fait des parts de la brasserie communale”, explique Michael Raffaseder, avocat et administrateur de la brasserie de Freistadt. C’est écrit au registre foncier.

Autrement dit, les habitantes et habitants de Freistadt sont aussi les propriétaires de la brasserie.

Des actionnaires payés en bière

Freistadt est une Braucommune depuis 1770. Mais la bière y jouait un grand rôle bien avant, écrit Fritz Fellner dans son livre Freistadt. 800 Jahre Leben an der Grenze [“Freistadt, 800 ans d’existence à la frontière”, non traduit]. En 1363, le duc Rodolphe IV accorda aux citoyennes et citoyens de la ville le droit de brasser. Étaient considérés comme citoyens ceux qui possédaient une maison à l’