La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), dont les six évêques ont été excommuniés au début de juillet par le Vatican, a déposé, samedi 11 juillet, un recours auprès du dicastère pour la doctrine de la foi du Vatican, à l’origine de ces sanctions. Ces dernières avaient été prises après l’ordination de quatre évêques, le 1er juillet, à Ecône, en Suisse.
Le Vatican avait alors acté le « schisme » avec Rome de ce mouvement traditionaliste qui venait de défier l’autorité du pape en consacrant quatre nouveaux évêques. « Les nombreuses tentatives visant à ramener les adeptes du mouvement (…) à la pleine communion avec l’Eglise catholique se sont avérées vaines », avait également déploré le Vatican.
La communauté intégriste avait par la suite dit regretter des sanctions « injustes et invalides », tout en assurant de sa dévotion intacte envers l’Eglise catholique. Dans un communiqué, cette dernière a annoncé avoir « déposé le 11 juillet un recours préliminaire auprès de ce même dicastère », conformément au droit canonique. « Cette démarche, qui constitue le préalable requis avant l’introduction éventuelle d’un recours hiérarchique, a pour effet de suspendre l’exécution du décret » actant l’excommunication des évêques, a-t-elle affirmé par ailleurs.
Première rupture avec le Vatican en 1988
« Par ce recours, la Fraternité entend exercer le droit que l’Eglise reconnaît à toute personne qui s’estime lésée par un acte administratif de demander sa rectification, dans un esprit de respect envers l’autorité ecclésiastique et de fidèle attachement à la justice, à la vérité et au bien de l’Eglise », a également expliqué la FSSPX.
Cette communauté fondée par l’évêque français Marcel Lefebvre, forte d’environ 600 000 fidèles dans le monde, avait déjà été à l’origine d’une première rupture avec le Vatican en 1988, avant que la sanction ne soit levée en 2009 par Benoît XVI.
Elle rejette en bloc les évolutions de l’Eglise depuis le concile Vatican II (1962-1965), qui a profondément transformé l’institution, défendant un modèle de société traditionnellement patriarcal et un idéal d’Etat théocratique.
Bien qu’influente dans certains milieux conservateurs, la Fraternité demeure assez minoritaire au sein de l’Eglise catholique et ses quelque 1,3 milliard de fidèles.