Il aura fallu un peu plus de cinq ans de négociations et un accord de 1 000 pages pour venir à bout du « dernier mur de l’Europe continentale », selon l’expression du ministre des affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares Bueno. Ultime épisode du Brexit, la frontière entre l’enclave britannique de Gibraltar et l’Espagne a cessé d’exister, mercredi 15 juillet, ouvrant la voie à une nouvelle manière de vivre ensemble, ou plutôt côte à côte, sans que Londres ni Madrid ne renoncent pour autant à leurs revendications historiques respectives.
L’accord a été signé le 14 juillet à Bruxelles, sous l’égide de la Commission européenne, plus de cinq ans après la fin de la période de transition post-Brexit, en décembre 2020, qui avait ouvert les négociations sur le statut de Gibraltar. Quelques heures plus tard, à minuit, lors d’une brève cérémonie, le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, s’est félicité d’avoir « déjoué les pires effets du Brexit ». Dans la foulée, des centaines de riverains ont franchi pour la première fois depuis des décennies la frontière sans présenter leur passeport. Un blocage qui précédait la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, puisque ce dernier n’a jamais fait partie de l’espace Schengen.
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