« Nous sommes tous des chimères », s’amuse Purificacion Lopez-Garcia, directrice de recherche CNRS à l’université Paris-Saclay. Pour cette spécialiste de l’évolution du vivant, ce « nous » ne désigne pas seulement l’espèce humaine : il concerne l’ensemble des organismes dits « eucaryotes » : soit tous les animaux, végétaux, champignons et protistes (algues, protozoaires). Rien de moins.
Une équipe espagnole raconte, dans la revue Nature du 10 juin, l’histoire évolutive de ces « chimères » – qui est aussi la nôtre. Comment se sont construites les premières cellules eucaryotes ? D’où vient leur complexité ? Tous ces êtres vivants, en effet, sont formés d’une ou plusieurs cellules, chacune d’elles étant dotée de compartiments internes spécialisés : les organites. Toutes ces cellules possèdent ainsi un noyau (qui abrite leur génome), des mitochondries (ces mini-usines qui les alimentent en énergie), ainsi que des vésicules renfermant toutes sortes de composés (enzymes, déchets cellulaires, produits de sécrétion…).
Cette architecture sophistiquée contraste avec la simplicité des organismes dits « procaryotes ». Ces derniers sont en effet constitués d’une cellule unique, généralement dépourvue de compartiment interne. Il en existe deux grands groupes : les bactéries et les archées. Découvertes à la fin des années 1970, ces dernières ont d’abord été classées parmi les bactéries : leurs morphologies se ressemblent. En réalité, elles s’en distinguent par leur génétique et leur métabolisme.
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