La guerre de Crimée, qui opposa, entre 1853 et 1856, la Russie d’une part, l’Empire ottoman, la France, le Royaume-Uni et le Piémont (l’Italie n’est pas encore unifiée) d’autre part, présente plusieurs traits des conflits industriels, même si la mobilisation humaine et matérielle reste mesurée et si, comme durant les guerres napoléoniennes, la maladie tue plus que le combat, et les soldats plus que les civils.
Premièrement : son étendue. Contrairement à ce que son nom et sa mémoire (boulevard de Sébastopol, pont de l’Alma) suggèrent, elle fut mondiale : commencée dans les Balkans et le Caucase, elle s’étend à la mer Noire, la mer Baltique, l’océan Arctique et l’océan Pacifique. L’issue de la guerre ne se décidera d’ailleurs pas en Crimée, mais dans la Baltique.
Elle oppose, en effet, deux impérialismes globaux, le russe et le britannique ; la France y est entraînée pour des raisons de politique intérieure. Pour Londres, il s’agit de mettre un terme à l’expansion russe qui, depuis 1815, s’étend vers le Moyen-Orient, l’Asie centrale et le Pacifique, à coups d’annexions, de protectorats, de traités de commerce, de comptoirs et de missions d’exploration. Le tsar menace la route des Indes et la domination commerciale britannique mondiale. Le but de la guerre de Londres est d’anéantir la marine russe, principal vecteur de cette expansion, ses ports et ses arsenaux.
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