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La joaillerie spirituelle de Surya Mathew, héritier des maîtres indiens

Entre Paris et le sud de l'Inde, Surya Matthew, maître joaillier et lauréat des Talents du luxe et de la création 2026, transforme l’or et les pierres rares en talismans contemporains. Héritier de techniques ancestrales et habité par une vision profondément spirituelle du bijou, le jeune de

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La joaillerie spirituelle de Surya Mathew, héritier des maîtres indiens

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Entre Paris et le sud de l'Inde, Surya Matthew, maître joaillier et lauréat des Talents du luxe et de la création 2026, transforme l’or et les pierres rares en talismans contemporains. Héritier de techniques ancestrales et habité par une vision profondément spirituelle du bijou, le jeune de 26 ans défend un art sacré, entièrement façonné à la main. 

Surya Mathew, créateur joaillier, dans son atelier parisien
Surya Mathew, créateur joaillier, dans son atelier parisien © Maria Afonso
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« On apprend constamment et on redécouvre chaque jour ce qu’est notre métier », confie Surya Mathew. Un enseignement transmis par son maître en Inde : « À partir du premier jour où tu vas commencer dans ce métier, tu apprendras jusqu’à ta mort. Et une vie ne suffit pas pour apprendre ce qu’on fait ». Pour lui, la joaillerie est avant tout un métier d’émotions, de transmission et de respect du savoir-faire ancestral.

Papillon sacré de Surya Mathew
Papillon sacré de Surya Mathew © Lola Moser

Né à Bordeaux, ayant grandi entre la France et le sud de l'Inde, il porte en lui cette double culture qui imprègne sa création. Dans l’atelier de sa mère, dédié au textile et à l’entraide des femmes en difficulté, il découvre très tôt la couture, le dessin, la couleur. Il parle avec gratitude de cette enfance créative : « J’adorais composer, créer avec la couleur et les textures ».

Une initiation sacrée, de l’enfance à la lignée

À 9 ans, Surya se passionne déjà pour le métal et les pierres. À dix ans, il rencontre son premier maître, Nadesan, qui lui ouvre les portes d’un univers sacré. « La joaillerie est un métier sacré en Inde, ce n’est pas seulement un métier matériel », explique-t-il. L’apprentissage y commence très tôt : « Il faut faire travailler nos mains le plus tôt possible ».

À 13 ans, une nouvelle rencontre change sa vie : un second maître, Dhanapalan, dont le nom signifie « gardien du trésor », sans successeur. Contre les usages, ce dernier accepte de le faire entrer dans sa lignée, normalement réservée au même sang et à la caste des brahmanes (regroupant, selon la tradition hindoue, les prêtres, les sacrificateurs, les professeurs, les intellectuels et les législateurs - NDLR). Après consultation du calendrier astrologique, il le choisit comme héritier de ces techniques anciennes. Surya Mathew mesure l’enjeu : faire perdurer ces savoirs menacés de disparition.

Bague soleil levant sur la mer Egée
Bague soleil levant sur la mer Egée © Maison Surya Mathew

À 17 ans, il quitte l’Inde pour Paris. Il se forme à la Haute École de Joaillerie, puis au sein des maisons prestigieuses de la place Vendôme. Il veut : « créer un pont entre l’Inde et la France », remettre au travail des joailliers indiens fragilisés par l’industrialisation et redonner envie aux jeunes générations de s’orienter vers les métiers d’art.

Des talismans de lumière, façonnés sur mesure

Dans son atelier parisien, Surya Mathew travaille tous types de métaux, mais l’or jaune s’impose comme sa signature. « On utilise beaucoup d'or jaune parce que ça symbolise la lumière et que c’est un métal très réconfortant pour les personnes qui portent des talismans ou des choses très importantes », dit-il. Cet or « éclaire, illumine », et apporte « cette chaleur dans quelque chose de précieux ».

Les pierres, soigneusement choisies, viennent du monde entier : tourmalines, saphirs, diamants de couleur. Leur rareté et leurs dégradés permettent de créer des pièces uniques, reflets de la personne qui les portera. Car tout commence par une rencontre : « Je fonctionne beaucoup par vision. C’est quand je vois la personne que je vais ressentir ce qu’elle va devoir porter »En écoutant son histoire, le dessin se compose mentalement, avant de se poser sur le papier.

Abeilles boucles d'oreilles
Abeilles boucles d'oreilles © Maison Surya Mathew

Pour Surya Mathew, un bijou est bien plus qu’un bel objet : « C’est un bijou qui doit permettre d’être une boussole. C’est un bijou qui doit aussi protéger la personne qui le porte ». Lors de successions familiales, il aime « garder une étincelle de vie de cette personne dans un bijou ». Rien que cela, dit-il, « c’est déjà un talisman ».

Sauvegarder les gestes anciens, inventer des parures d’avenir

À seulement 26 ans, Surya Mathew transmet déjà à son tour. Il enseigne à la Haute École de Joaillerie à Paris et forme de jeunes artisans d’art. En Inde, il mène des projets pour sauvegarder des techniques ancestrales menacées par les machines et le manque de commandes. Il récupère d’anciens moules gravés en négatif, autrefois utilisés pour les parures de Maharajahs, les restaure et les réutilise.

Ces moules, en alliage d’or, d’argent et de cuivre, permettent d’obtenir une ciselure d’une extrême finesse. En les combinant à des approches européennes contemporaines, Surya Mathew imagine de nouvelles parures : « On reprend vraiment des symboles, des motifs très anciens, mais une fois composés dans un ensemble beaucoup plus moderne, ça apporte quelque chose de nouveau et d’assez original ».

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