La noisette, dans les contes, est souvent associée à l’insouciance. Peut-être parce que ce petit fruit rond et croquant nous ramène à l’enfance. « La petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons (…) », raconte Charles Perrault dans son Petit Chaperon rouge (1697).
Le petit chemin qui sent la noisette, lui, inviterait à la galanterie. Pourtant, le noisetier commun (Corylus avellana), ou coudrier, n’en donne guère l’exemple. Ses fleurs mâles et femelles, quoique portées sur le même arbuste, sont situées sur des organes séparés. Une fleur est donc soit mâle, soit femelle – au contraire de la plupart des fleurs, qui sont bisexuées.
Difficile, de fait, d’imaginer morphologies plus dissemblables. Les fleurs mâles, ou chatons, couvrent l’arbre d’un manteau de cylindres pendants. D’abord bruns en juin, ils verdissent et s’allongent, puis jaunissent : leurs écailles jaunes s’ouvrent alors pour libérer, entre décembre et mars, un abondant pollen jaune qui sera transporté par le vent. Tous les arbres de la famille du noisetier, les bétulacées (bouleau, aulne, charme…), portent aussi des chatons – tout comme leurs lointaines cousines, les salicacées (saules, peupliers…).
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