Le taux d’endettement public, rapporté au produit intérieur brut (PIB), est très élevé dans la grande majorité des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) : il est de 87 % dans l’ensemble de la zone euro, de 117 % en France, de 137 % en Italie, de 101 % en Espagne, de 94 % au Royaume-Uni, de 123 % aux Etats-Unis, de 237 % au Japon. Ces taux d’endettement public déclenchent une dynamique déstabilisante de la dette.
Puisqu’ils augmentent le risque de défaut des Etats, ils conduisent à une hausse des taux d’intérêt à long terme : aujourd’hui 2,91 % en Allemagne, 3,6 % en France, 4,7 % au Royaume-Uni, 4,4 % aux Etats-Unis, 2,6 % au Japon pour les taux d’intérêt à dix ans sur la dette publique, ce qui est un niveau de forte hausse depuis 2022. Les taux d’intérêt à long terme sont déjà supérieurs à la croissance nominale en Allemagne, en France, au Royaume-Uni, en Italie, ils s’en approchent aux Etats-Unis et au Japon. Or, quand le taux d’intérêt à long terme est supérieur au taux de croissance nominale, la dynamique du taux d’endettement public est divergente, c’est-à-dire que le taux d’endettement public peut croître indéfiniment.
A cela s’ajoute un déficit public primaire – le déficit public hors intérêts sur la dette publique dans tous les pays cités plus haut à l’exception de l’Italie, ce qui renforce la dynamique haussière du taux d’endettement public. La caractéristique commune à tous les grands pays de l’OCDE est donc la hausse du taux d’endettement public. Cette dynamique se renforce puisque la hausse du taux d’endettement public amène une hausse des taux d’intérêt à long terme et que les besoins de dépenses publiques (dépenses militaires, investissements dans les infrastructures) sont très importants.
Effet récessif
On ne peut supposer une hausse indéfinie des taux d’endettement public. A un certain moment, les Etats devront stabiliser, voire réduire, leur endettement rapporté au PIB, pour prévenir les crises de la dette. Par quels moyens pourront-ils y parvenir ?
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