Si la NASA résiste aux coupes budgétaires drastiques voulues par l’administration Trump, en raison de l’opposition du Congrès américain, son homologue française ne peut, hélas, pas en dire autant. Après une année difficile, au cours de laquelle l’agence spatiale française avait dû économiser environ 100 millions d’euros, le Centre national d’études spatiales (CNES) a appris, fin 2025, qu’il devrait économiser 330 millions d’euros sur la période 2026-2028.
L’impératif, venu du sommet de l’Etat, n’a laissé que peu le choix au président-directeur général, François Jacq, qui a ordonné dès janvier une revue complète des activités. « Ils ont regardé toutes les lignes du plan à moyen terme, et ils ont considéré la plus-value que pouvait apporter le CNES pour chacune d’elles », explique Marc Ollivier, directeur de l’Institut d’astrophysique spatiale d’Orsay (Essonne) et délégué scientifique du CNRS. Objectif : identifier des dépenses à décaler, à réduire ou… à annuler.
Bouclée fin avril, avec un peu de retard, la revue des activités a abouti à trois blocs d’économies de taille équivalente. Le premier, qui annulera 108 millions d’euros de dépenses, concerne les « plus faciles ». « C’est un bloc dicté par des fluctuations de programmation, en particulier l’arrêt de missions de partenaires étrangers ou des décalages calendaires », commente M. Ollivier. « C’est quelque part assez indolore, si ce n’est que, en faisant cela, on réduit notre capacité à engager de nouveaux programmes sur les cinq prochaines années », précise Franck Darnon, élu CFDT et président de la commission économique du comité social et économique (CSE) du CNES.
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