C’est désormais “officiel”, rapporte jeudi 16 juillet la BBC. Le petit primate au pelage noir et aux lèvres rose orangé connu sous le nom de “likweli” en République démocratique du Congo (RDC) a été reconnu comme une nouvelle espèce par la communauté scientifique.

L’animal avait par le passé été “observé et photographié, dissimulé dans la haute canopée des forêts tropicales denses du parc national de la Lomami, dans le centre-est du pays”, rappelle le média britannique. “Des défenseurs de l’environnement travaillant dans cette région avaient signalé pour la première fois” ce singe “à l’apparence inhabituelle en 2008. Mais ils n’avaient alors obtenu qu’une seule photographie floue”.

Dix ans plus tard, une équipe internationale de chercheurs décide de se lancer sur les traces du primate afin de l’étudier. Dans une étude publiée mercredi 15 juillet dans la revue scientifique PLOS One, elle a confirmé grâce à des analyses génétiques que C. congoensis constituait bien une nouvelle espèce jusqu’alors absente des classifications scientifiques. “Il s’agit seulement de la cinquième nouvelle espèce de singe africain identifiée au cours des 75 dernières années”, précise le magazine Scientific American.

« Une sensation incroyable »

Les chercheurs ne savent pas encore combien de singes aux lèvres orange pourraient vivre dans la nature, rapporte The New York Times. “Mais les observations de terrain ont révélé que l’animal possède de minuscules pouces, ce qui indique qu’il appartient au groupe des colobes, des singes sociaux se nourrissant principalement de feuilles”, souligne le quotidien américain qui précise que le primate “communique grâce à un cri qui rappelle le coassement d’une grenouille”.

Junior Amboko, doctorant à l’Université Florida Atlantic, et membre de l’équipe de recherche, a déclaré à la BBC que c’était “une sensation incroyable” de regarder le visage d’un animal dont si peu de personnes connaissaient l’existence.

Interrogé par CNN, Alexander Georgiev, maître de conférences en primatologie à l’Université de Bangor, au pays de Galles – qui n’a pas participé à l’étude –, a qualifié la découverte des chercheurs de “très approfondie et convaincante”. “Seuls les habitants de huit des 52 villages situés à proximité de l’aire de répartition de cette nouvelle espèce [où se sont rendus les scientifiques] ont été capables de fournir des informations sur ce primate et de le décrire”, note Georgiev. “Cela explique pourquoi il a fallu autant de temps pour que cette espèce soit documentée par la science […]. La forêt tropicale congolaise où vit ce primate est immense, et de vastes zones restent encore peu explorées par les scientifiques.”