La magnifique cité inca de Machu Picchu, impressionnant site archéologique perché dans les Andes péruviennes, va-t-elle perdre sa place dans la liste des “sept nouvelles merveilles du monde” ? L’organisme privé New7Wonders (N7W), qui siège en Suisse et surveille l’état de ces “merveilles”, choisies en 2007 par un vote mondial sur Internet, l’en a menacé le 25 mai. C’est la deuxième fois en quelques mois qu’il alerte sur la dégradation du site péruvien. En septembre, il avait déjà mis en garde les autorités. “Depuis, aucun progrès ni changement n’a été opéré face à tous les problèmes qui affectent la crédibilité de Machu Picchu à être une merveille officielle”, s’est-il plaint dans un communiqué.
Ces avertissements ont relancé le débat “sur la qualité des services” mais aussi sur “l’impact économique du modèle touristique actuellement en vigueur dans la principale destination touristique du Pérou”, souligne le quotidien péruvien La República.
Le gouverneur régional de Cuzco, Werner Salcedo Álvarez, a déclaré au journal de centre gauche que la direction régionale de la Culture récoltait près de 250 millions de dollars (215 millions d’euros) par an grâce à l’exploitation du site, mais que seuls 7 millions (6 millions d’euros) étaient investis dans la préservation de Machu Picchu.
Accidents
Or, ces derniers mois, le site a connu plusieurs drames. Un touriste australien est mort fin mai en trébuchant sur le sentier inca. En décembre, une collision frontale entre deux trains de tourisme menant à la célèbre cité a fait un mort et des dizaines de blessés. À cela se sont ajoutées des controverses sur le surtourisme, une gestion très défaillante des billets d’entrée, avec d’immenses queues ne garantissant pas de pouvoir accéder au site, des accusations de corruption, des hausses des prix brusques, ou encore la transformation du village d’Aguas Calientes, situé en contrebas, en gigantesque centre commercial.
“La crise politique que vit le pays complique la résolution de problèmes critiques”, estime N7W, en référence au fait que le pays a connu huit présidents en dix ans. L’organisme a pris contact avec les deux candidats à l’élection présidentielle du 7 juin, Roberto Sánchez et Keiko Fujimori, “pour échanger sur les manières de résoudre” les problèmes que connaît le site. Cependant, ils ont évité de se prononcer sur Machu Picchu, qui draine pourtant un tiers des touristes du pays.
Qui était Alberto Fujimori, “l’inventeur de la dictature du XXIe siècle” ?
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