La beauté des mangas de Daisuke Igarashi tient à la chorégraphie qu’il a mise au point, entre poésie du réel et goût pour le surnaturel. Sa dernière série, Kamakura Bakeneko Club, dont le premier tome vient de paraître en France (Delcourt, 160 pages, 8,50 euros), en est un parfait exemple.
« J’ai choisi pour ce manga un lieu et un thème qui me sont proches », confie l’auteur et artiste plasticien de 57 ans, lors de son passage en France pour Japan Expo. Il est l’un des invités de marque du salon dédié à la culture japonaise qui s’est tenu du 9 au 12 juillet au Parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis). Tel un bédéaste funambule, Daisuke Igarashi marche sur la corde qui sépare le récit de vie et les contes folkloriques. Dans ce nouvel opus, une curieuse rumeur circule à Kamakura, ville au sud de Tokyo, où il réside : quiconque a perdu son chat doit se rendre dans le Kamakura Bakeneko Club, une mystérieuse boutique. Les visiteurs y tombent nez à nez avec des employés humains aux allures pourtant félines.
Ce manga est une variation autour de la figure légendaire du bakeneko, un yokai (une créature surnaturelle) inspiré du chat. Un animal récurrent dans les œuvres, quand il n’est pas au centre de celles-ci, comme dans Le Petit monde de Kabocha (Rue de Sèvres, 2024). Le mangaka aime dessiner la souplesse des corps des félins, retranscrire la sensation qui se dégage quand on caresse leur pelage : douceur, densité, chaleur… Le toucher est un sens primordial dans son approche.
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