Afin d’attirer une main-d’œuvre qualifiée, le gouvernement canadien a lancé en décembre dernier des bourses de formation en recherche. L’initiative, précise Reuters, a été annoncée “au moment même” où les campus américains luttaient contre les coupes budgétaires décidées par l’administration Trump.
Une compilation des données réalisées par le Toronto Star permet de constater que la première phase du programme a attiré 659 chercheurs en provenance de soixante-douze pays. La majorité d’entre eux viennent de cinq pays, dans l’ordre : les États-Unis, la Chine, l’Iran, l’Inde et la France. En tout, trente-sept chercheurs français ont pu bénéficier de ces bourses qui concernent principalement dix universités.
Un programme limité dans sa portée ?
Le professeur Vincent Larivière de l’université de Montréal, qui a étudié la concentration du financement de la recherche au Canada, ne se fait pas d’illusion sur les effets du programme : “Avoir davantage de chercheurs est toujours une bonne chose […], toutefois, avec environ 8 000 docteurs diplômés chaque année dans le pays et plus de 60 000 doctorants, il reste à voir comment ces 659 bourses contribueront à accroître la capacité de recherche du pays.”
Des chercheurs américains, en tout cas, y verraient une occasion de s’éloigner d’un climat politique difficile dans leur pays d’origine, a confié à l’agence Presse Canadienne Jason Stanley, un spécialiste du fascisme qui a quitté l’université Yale pour rejoindre l’École Munk des affaires de Toronto en septembre dernier :
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“Personne ne vient au Canada pour des salaires plus élevés […]. On y trouve des retraites moins élevées, des salaires plus bas et parfois un programme d’enseignement plus dense. C’est donc une question de liberté académique.”
Les bourses concernent huit domaines de recherche prioritaires, précise le Toronto Star. Près de la moitié d’entre elles est destinée aux secteurs de la santé, dont la biotechnologie, et des technologies de pointe, incluant l’IA et la cybersécurité. L’université de Montréal, par exemple, indique qu’elle soutient, pour les vingt-neuf chercheurs choisis, des projets “de recherche sur l’immunothérapie guidée par l’imagerie, les villes intelligentes, les matériaux quantiques pour l’énergie verte, la résistance des cultures à la sécheresse, les troubles cognitifs liés au vieillissement et l’analyse prédictive des inégalités sociales liées à la santé”.
Le quotidien torontois note par ailleurs que le programme “vise également à recruter des chercheurs francophones, près d’un quart des bourses étant attribuées à des institutions francophones ou bilingues”.
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