Le Parlement européen a approuvé mercredi 17 juin le règlement sur les retours des migrants déboutés du droit d’asile, une réforme incluant la possibilité pour les pays de l’UE de nouer des accords pour installer des centres de rétention hors des frontières de l’Union.
Sous les huées de la gauche, voyant là une illustration de la convergence droite/extrême droite dans l’hémicycle, le texte a été adopté par 418 voix pour, 218 contre, et 30 abstentions, lors d’une séance plénière à Strasbourg.
Ce texte a été conçu comme un complément du pacte sur la migration et l’asile, adopté en 2024 et entré en application en France le 12 juin 2026, pour renforcer les sanctions et le renvoi des personnes déboutées du droit d’asile. Il prévoit une série de mesures pour accélérer les expulsions et permet aux Etats qui le souhaitent d’installer des centres en dehors de l’Europe, pour y renvoyer des personnes déboutées du droit d’asile.
La possibilité de créer ces centres de rétention à l’étranger (dit « hubs de retour »), pour y renvoyer les migrants en situation irrégulière refusés par leur pays d’origine, a vu une partie des partis centristes, y compris dans le camp présidentiel français, se désolidariser de la version finale, pourtant soutenue par le gouvernement.
« Renvoyer des familles avec enfants dans des hubs à l’autre bout du monde, sans garantie de respect des droits humains fondamentaux, c’est franchir une ligne rouge », alertait ainsi l’eurodéputée Fabienne Keller (Renaissance). Signe de l’embarras que suscite le texte, les eurodéputés Renaissance avaient consulté le leader du parti Gabriel Attal et décidé d’un commun accord avec le candidat à l’Elysée d’une liberté de vote.
Leurs homologues du parti Horizons, Nathalie Loiseau et Gilles Boyer, deux proches d’Edouard Philippe, ont, eux, décidé de voter le texte. « On apporte une réponse à une impuissance publique généralisée sur les reconduites à la frontière, qui suscitent aujourd’hui une forte réprobation dans l’opinion », fait valoir Gilles Boyer.
Certains pays, comme le Danemark, l’Autriche et l’Allemagne, commencent déjà à imaginer où installer ces centres, par exemple au Rwanda, en Ouganda et en Ouzbékistan. L’idée de créer ces « hubs de retour », sans lien avec le pays d’origine des migrants, n’est pas nouvelle. Elle a été testée par l’Italie de Giorgia Meloni en Albanie ; les personnes sont expulsées avant même que leur demande d’asile soit examinée, contrairement à ce que prévoit la nouvelle loi européenne.
Le centre en Albanie est longtemps resté vide en raison d’une série de contestations judiciaires. Et il faudra du temps aux Etats pour développer de tels projets, en accord avec les pays tiers qui les accueilleraient.
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