La ruée sur les ports
La ruée sur les ports
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Le port de Savannah, symbole de la frénésie de la consommation des Américains
Par Nicolas Chapuis (Savannah [Géorgie, Etats-Unis], envoyé spécial)Récit« La ruée sur les ports » (9/16). Troisième port des Etats-Unis après ceux de Los Angeles et de New York and New Jersey, Savannah est porté par l’essor des importations et du nouvel axe commercial reliant l’Inde à la Côte est américaine. Si ses exploitants ont de grandes ambitions, ils sont freinés par un handicap : les conteneurs repartent en partie à vide, faute de produits industriels à exporter.
Le ballet est incessant autour du Maersk-Sembawang, un porte-conteneurs battant pavillon singapourien, amarré, en ce mercredi de juin, dans le port de Savannah, en Géorgie (Etats-Unis). Les camions défilent sous les grues portuaires, dont les nacelles descendent, se saisissent des conteneurs comme s’il s’agissait de fétus de paille, les soulèvent et les déposent sur le navire, empilés façon briques de Lego.
Le Sembawang a beau être un « petit » modèle, les dimensions donnent le tournis. Le bateau fait 318 mètres de long, peut transporter 3 300 conteneurs de 40 pieds (environ 12 mètres), pesant jusqu’à 30 tonnes chacun ; les grues, elles, mesurent près de 100 mètres de haut, sont manœuvrées par quatorze dockers, et peuvent charger un conteneur toutes les deux minutes… Tout est démesuré, semi-automatisé, chorégraphié, dans ce monde de rouille et d’acier.
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