Khalid Cheikh Mohammed, considéré comme le « cerveau » des attentats du 11 septembre 2001, sera jugé à partir du 5 juin 2028 à Guantanamo, où il est détenu, a annoncé, jeudi 27 août, un porte-parole du tribunal militaire chargé du dossier.
Ce Pakistanais élevé au Koweït, également connu sous ses initiales KSM (S pour Sheikh, en anglais), était l’un des principaux lieutenants d’Oussama Ben Laden au sein de l’organisation djihadiste Al-Qaida, jusqu’à sa capture en mars 2003 au Pakistan. Il a été transféré en septembre 2006 dans la prison de la base militaire américaine de Guantanamo, sur l’île de Cuba, où il est toujours détenu.
Après plusieurs reports, l’ouverture du procès a finalement été fixée mercredi par un juge du tribunal militaire au 5 juin 2028, a précisé le porte-parole.
En juillet 2025, une cour d’appel américaine avait annulé l’accord de plaider coupable obtenu par Khalid Cheikh Mohammed et ses deux coaccusés, qui leur aurait sans doute évité d’encourir la peine capitale.
A la manœuvre de trente autres opérations
Khalid Cheikh Mohammed, Walid Bin Attash et Mustafa Al-Hawsawi, qui font partie des tout derniers détenus de Guantanamo, sont accusés de « terrorisme » et du meurtre de près de 3 000 personnes dans ces attentats commis sur le sol américain.
Khalid Cheikh Mohammed est surtout connu en raison de la photo prise de lui le soir de sa capture à Rawalpindi, au Pakistan, en 2003, les cheveux ébouriffés et la moustache touffue, vêtu d’un pyjama blanc. Avant son transfert à Guantanamo, il est passé par les prisons secrètes de la CIA en Pologne pour y subir des séances d’interrogatoire sous la torture. Il a notamment été soumis 183 fois au waterboarding (noyade simulée) en quatre semaines.
Les trois hommes n’ont jamais été jugés, la procédure s’étant embourbée autour de la question de savoir si les tortures subies rendaient irrecevables les preuves retenues contre eux.
KSM a aussi dit avoir été à la manœuvre de trente autres opérations dont des attentats liés à Al-Qaida à Bali, en Indonésie, et au Kenya ainsi que du meurtre du journaliste américain Daniel Pearl au Pakistan.