Des chercheurs du Center for Countering Digital Hate (CCDH), une ONG luttant contre les discours de haine, ont accusé Elon Musk, vendredi 12 juin, d’avoir amplifié sur le réseau social X dont il est propriétaire des discours violents liés aux émeutes anti-immigrés à Belfast.
Les chercheurs dénoncent le rôle « déterminant » du patron de la plate-forme, dont la fortune vient de dépasser les 1 000 milliards de dollars (environ 866 milliards d’euros), dans la diffusion de récits anti-immigration. Ils alertent également sur la hausse des appels à la violence en ligne.
Elon Musk a relayé ces derniers jours des appels à manifester de l’activiste anti-immigration Tommy Robinson, appelant ses 240 millions d’abonnés sur X à protester de « manière REPETEE et BRUYANTE ». Il a également repartagé des messages du dirigeant d’extrême droite Rupert Lowe, à la tête du parti Restore Britain.
Une tragédie « exploitée »
Selon le CCDH, les publications des trois hommes ont dépassé les 115 millions de vues, dont 64 millions rien que pour Elon Musk. « En tant que propriétaire de X et utilisateur le plus suivi, [Elon] Musk dispose d’un pouvoir sans équivalent pour façonner ce que voient les internautes, souligne Imran Ahmed, fondateur et directeur général du CCDH. Or, nos recherches montrent qu’il a exploité la tragédie de Belfast pour amplifier des récits antimigrants auprès de millions d’utilisateurs. » Interrogé, X n’a pas répondu aux sollicitations de l’Agence France-Presse.
La région de Belfast a été le théâtre de deux nuits de violences, mardi et mercredi, et d’incidents qualifiés de « racistes » par les autorités, après une attaque au couteau pour laquelle un réfugié soudanais a été inculpé. Ces critiques coïncident également avec l’envolée des actions de SpaceX en Bourse, qui a propulsé la fortune de l’homme le plus riche du monde à des niveaux encore jamais vus.