La visite de Donald Trump à Pékin “s’est achevée en grande pompe, mais sans grande clarté quant aux résultats concrets obtenus”, résume The Guardian. Car si le président américain a assuré vendredi qu’il avait “réglé” avec son homologue chinois Xi Jinping “bon nombre de problèmes différents que d’autres n’auraient pas été en mesure de résoudre”, il n’a fourni que “peu de détails sur la nature de ces solutions”.
Le dirigeant chinois, dans l’esprit de Trump, a également affirmé vendredi “avoir trouvé un consensus important avec le président américain sur de multiples questions – notamment le maintien de relations économiques et commerciales sino-américaines stables”, relève le China Daily. Mais lui aussi est resté globalement avare de détails.
Et comme le souligne Al-Jazeera, même si les deux parties ont publié pendant ces deux jours “des déclarations détaillant les sujets abordés par Trump et Xi”, celles-ci “ne se recoupent que sur un nombre limité de points”, les comptes rendus de la Maison-Blanche “évoquant des questions non mentionnées dans les déclarations du ministère chinois des Affaires étrangères, et inversement”.
“Le cœur de la relation n’a pas changé”
Même sur les accords commerciaux – objectif principal de Donald Trump, qui avait emmené en Chine un aréopage de grands patrons américains – les résultats sont incertains : le locataire de la Maison-Blanche a quitté Pékin en assurant affirmant avoir conclu des “accords commerciaux fantastiques, excellents pour les deux pays”, mais “peu de détails ont filtré quant aux points sur lesquels les deux superpuissances se sont entendues”, tempère la BBC.
En résumé, “malgré tout le cérémonial et le spectacle”, ce somment “n’aura pas été, au bout du compte, très important”, déclare au Guardian Amanda Hsiao, directrice de la Chine au sein du cabinet de conseil et d’analyse Eurasia Group. “Le cœur de la relation n’a pas changé”, affirme-t-elle.
“Quelles que soient les amabilités échangées à Pékin, la Chine demeure résolue à annexer Taïwan et à supplanter les États-Unis en tant que première puissance mondiale”, écrit en écho la très conservatrice National Review.
“Des rencontres telles que celle de Pékin devraient, dans la tradition des sommets de la guerre froide, avoir pour objectif d’empêcher que la rivalité ne dégénère en conflit”. Or “des commentaires anodins émanant d’un porte-parole chinois suggèrent que certains progrès ont été accomplis à cet égard”, ajoute la revue.
“Manque de substance”
Pour plusieurs médias, c’est peut-être l’accomplissement le plus significatif du sommet. Car si Donald Trump a quitté Pékin “sans qu’aucun signe immédiat ne laisse présager que les États-Unis et la Chine ont résolu les épineux défis qui empoisonnent leurs relations tumultueuses”, analyse CNN, “il repart avec une relation fraîchement stabilisée avec le dirigeant chinois”.
Et “compte tenu de la détérioration des relations au cours des dernières années, le fait que les deux dirigeants se soient quittés en termes chaleureux et en s’accordant sur l’importance de leurs liens témoigne d’une évolution vers la stabilisation, à un moment où un monde déstabilisé aspire désespérément au calme géopolitique”, ajoute la chaîne.
Un avis partagé par le South China Morning Post, qui constate que “le manque de substance” du sommet “a recentré l’attention sur l’apparence, le spectacle, l’ambiance générale et les affinités personnelles”. Et si les annonces se sont avérées “décevantes”, il faut reconnaître “la grande importance” de ces aspects “positifs”, quand on a affaire à deux superpuissances comme la Chine et les États-Unis.
Cette fois-ci, Donald Trump n’était pas en position de force face à Xi Jinping
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