Choqué, le Zimbabwe est en deuil. Deux semaines après le naufrage du ferry Mbuya Nehanda, submergé par les vagues dans les eaux du lac Kariba, le 11 août, la catastrophe est officiellement devenue la plus meurtrière de l’histoire des transports publics du pays. Alors que des familles de disparus sont toujours à la recherche de leurs proches, le bilan officiel s’élevait, le 25 août, à 97 morts. Mais au-delà de la peine, la colère monte à mesure qu’émergent des interrogations sur la gestion des transports maritimes publics.

“Le Zimbabwe a ignoré des alertes des Nations unies avant la tragédie de Kariba”, titrait ainsi le quotidien indépendant zimbabwéen The Standard, le 23 août. Le média révèle que dès 2019, l’Organisation maritime internationale, l’agence des Nations unies chargée de la sûreté et de la sécurité maritime, avait alerté sur l’absence de “tout système de recherche et de sauvetage” sur le lac.

“En cas d’urgence, les passagers seront livrés à eux-mêmes”, mettait en garde l’organisation. “Ces révélations soulèvent de nouvelles questions quant à la capacité du gouvernement à faire face aux catastrophes maritimes majeures, alors que les autorités ont semblé peiner à organiser une opération de sauvetage efficace à la suite de la tragédie du Mbuya Nehanda”, commente le quot