Quitter le Royaume-Uni est devenu pour certains jeunes une nécessité face au marché du travail difficile et au coût élevé du logement. Selon The Guardian, 111 000 personnes âgées de 16 à 34 ans ont quitté le pays au cours des douze mois précédant mars 2025. Trois jeunes expliquent pourquoi et comment ils ont construit leur vie à l’étranger.

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Ben*, 24 ans, diplômé d’Oxbridge (mot-valise désignant l’ensemble composé par les universités d’Oxford et de Cambridge) et aujourd’hui cadre dans la finance à Dubaï, explique : “Je ne suis pas du tout attiré par le Royaume-Uni en ce moment. Les facteurs qui me poussent à partir l’emportent clairement sur l’attractivité du pays. Londres est un véritable racket. Les salariés sont étranglés, et l’attrait de la ville diminue. C’est une conversation que j’ai presque toutes les semaines avec des amis là-bas.” Il précise :

“Les tensions raciales, la politique toxique, l’économie stagnante, les inégalités régionales (qui font que la plupart des régions hors Londres ne sont pas envisageables pour les diplômés ambitieux) montrent que le pays a très peu à offrir.”
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Dubaï n’était pas son choix idéal, mais les perspectives d’emploi lui ont permis de lancer sa carrière :

“Il y a des problèmes aux Émirats et j’ai quelques réserves. Mais si vous êtes jeune et que vous cherchez à acquérir une expérience à l’étranger, ce pays est idéal pour progresser professionnellement.”

Caitlin, 27 ans, vit à Berlin depuis trois ans. Elle raconte : “J’ai vraiment eu du mal à m’adapter à Londres, c’était toujours si animé et cher. Je me suis sentie plus heureuse pendant dix jours [passés en Allemagne] que je ne l’avais été durant toute l’année précédente, et j’ai décidé de franchir le pas quelques mois plus tard.” Elle a obtenu un permis de séjour pour travailleurs qualifiés qui lui a donné “beaucoup plus de flexibilité”. Concernant le logement, elle explique : “Ici, c’est un marché de locataires, donc j’ai un contrat de location à vie avec un loyer stabilisé dans un grand appartement magnifique – cela coûterait trois fois plus à Londres.”

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Maisie*, journaliste en free-lance, vit une partie de l’année en Asie du Sud-Est. Elle dit : “L’ironie est que je dépense moins en voyageant qu’en restant au Royaume-Uni, et j’ai toujours une très belle qualité de vie.” Elle ajoute :

“C’est comme si les jeunes générations au Royaume-Uni n’étaient pas soutenues. J’ai l’impression que les chances étaient contre moi dès le départ.”

Ces parcours illustrent un même constat : pour ces jeunes Britanniques, l’expatriation répond à des contraintes à la fois économiques, professionnelles et pratiques, et permet de trouver une stabilité que leur pays d’origine ne leur offre pas, ou plus.

*Les noms ont été changés à la demande des intéressés.