Il n’y en a plus un sur cent, et pourtant, les humanistes existent – comme aurait pu chanter Léo Ferré –, notamment au pays de la bande dessinée et du surréalisme. Il faut dire que la Belgique détient le record mondial du nombre de jours sans gouvernement – 541 au compteur, en 2010-2011. « Je me sentais humilié et impuissant, mais je ne pouvais accepter une telle catastrophe politique », se souvient l’écrivain David Van Reybrouck, à bord de sa voiture qui, de Bruxelles, se dirige vers la ville d’Eupen, capitale de la Belgique germanophone. Rien ne prédisposait cet essayiste néerlandophone, célébré pour Congo. Une histoire (Actes Sud, 2012, prix Médicis de l’essai la même année), une grande enquête sur les ressorts de l’ancienne colonie belge, à devenir l’un des sauveteurs de la démocratie. L’un des plus consultés, aussi.
Cet ancien scout a étudié l’archéologie à l’Université catholique de Louvain. Sans doute par « nostalgie des formes de vie du paléolithique, où une humanité vivait en harmonie avec la nature », explique David Van Reybrouck. Passionné d’escalade et de randonnées en solitaire, l’homme était plutôt attiré par les pratiques naturalistes et les fouilles archéologiques que par le bourbier politique.
Il vous reste 89.5% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !