La pression exercée par des cinéastes de renom, dont Costa-Gavras, aura été vaine. Mardi 19 mai, le documentaire du réalisateur palestinien Mohammed Alshareef, Super Sila, a été récompensé à Cannes en l’absence de son auteur. Résident de Gaza, M. Alshareef, lauréat du programme d’accueil en urgence des scientifiques et artistes en exil (Pause), n’a pu quitter l’enclave palestinienne pour recevoir les prix saluant son œuvre – en cours de finalisation – sur le récit imaginaire que tisse un père pour protéger son enfant des horreurs de la guerre. Contacté par Le Monde, le Quai d’Orsay peine à masquer sa consternation et son impuissance, évoquant la complexité des évacuations de Palestiniens de Gaza, soumises à l’approbation d’Israël et à une série de paperasseries administratives incontournables.
La France, qui a bravé la colère du gouvernement israélien en reconnaissant l’Etat de Palestine, en septembre 2025, serait donc en partie démunie pour faire vivre la parole des Palestiniens sur son sol. Artistes, activistes, avocats et spécialistes de la cause palestinienne mettent en doute cet argumentaire. « Oui les évacuations de Gazaouis dépendent des autorisations délivrées par Israël, mais la France pèse-t-elle de tout son poids ? Il y a toujours une forme de retenue dès qu’il s’agit d’aller au rapport de force avec l’Etat hébreu », déplore Xavier Guignard, chercheur au Prince Saud Al-Faisal Institute for Diplomatic Studies (Riyad).
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