Jeudi, vers 0h45, les États-Unis ont commencé à bombarder l’Iran une deuxième nuit d’affilée. Le nombre de victimes n’a pas encore été communiqué. L’attaque de la veille répondait au crash d’un hélicoptère américain. Cette fois, “Donald Trump et le secrétaire à la défense Pete Hegseth ont fait comprendre que les dernières frappes ne constituaient pas des représailles à une opération militaire mais qu’elles visaient à mettre la pression sur Téhéran”, commente le New York Times.
“Le Pentagone a présenté les attaques comme un acte de diplomatie coercitive pour forcer les Iraniens à des concessions à la table des négociations”, confirme le Wall Street Journal, citant les propos de Hegseth devant la presse : “si nous avons besoin de négocier avec des bombes, nous négocierons avec des bombes. Nous excellons dans le domaine. Plus que n’importe quel autre pays dans le monde”.
Plus tôt, Trump avait “exprimé sa frustration quant au rythme des négociations”, note CNN. Il a prévenu que l’Iran allait “payer le prix” de discussions trop laborieuses. Tout ce que Téhéran a à faire, c’est “signer un bout de papier”, a insisté le président américain. Le même président qui a “pourtant répété qu’un accord était proche” ces derniers mois, remarque le WSJ. Il “n’a pas renoncé à la diplomatie mais sa patience a des limites”, ajoute le quotidien.
“Les chances d’une avancée diplomatique se sont assombries quand une délégation de médiateurs qataris a quitté Téhéran mercredi soir sans avoir fait de progrès”, résume le Times. Mais ces frappes pourraient justement “ébranler un cessez-le-feu de deux mois déjà fragile”, souligne CBS News. Certes, les échanges de tirs ont continué mais ils avaient au moins préservé les deux nations d’attaques d’envergure.
Le détroit d’Ormuz fermé ?
Trump a révélé à un correspondant de Fox News qu’en fin de journée, des officiels iraniens l’ont appelé directement pour lui demander de cesser les frappes. L’échange a été “un moment rare de contacts directs entre Trump et des leaders de Téhéran”, signale la chaîne. Le locataire de la Maison Blanche a aussi confié au journaliste que les bombardements avaient ciblé des zones à une cinquantaine de kilomètres de Téhéran et le sud-ouest du golfe Persique. Les bombardements ont cessé jeudi dans la nuit mais il n’écarte pas “une rapide escalade des opérations militaires” si l’Iran ne signe pas un accord.
NBC News rapporte toutefois que sept groupes du secteur de la défense sont attendus prochainement à la Maison Blanche pour discuter des stocks de missiles à disposition de l’armée américaine. Ces stocks ne seraient pas suffisants. D’après la chaîne, le président américain a déjà exprimé sa “colère” sur le sujet auprès de ses conseillers.
De leur côté, les Gardiens de la Révolution disent avoir riposté en attaquant des bases à Bahreïn et au Koweït. “Dix-huit cibles importantes appartenant à l’armée américaine ont été touchées”, affirment-ils. Avant les frappes, Amir Saeid Iravani, le représentant iranien aux Nations unies avait prévenu que son pays “n’a jamais négocié sous la menace et la pression”. Téhéran a assuré avoir fermé le détroit d’Ormuz en représailles. Une fermeture démentie par l’armée américaine.
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