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Géopolitique

Les ombres d’un anniversaire américain

La célébration du 4 juillet 2026, qui marquera les 250 ans de l’indépendance des Etats-Unis, s’annonce comme une cérémonie d’auto-glorification du président, Donald Trump, dans un pays toujours plus polarisé et dont l’image à l’international ne cesse de se dégrader.

Les ombres d’un anniversaire américain
HaitiCreoleRadio.com

La célébration des 250 ans d’un pays devrait toujours être l’occasion d’une manifestation d’unité. Ce ne sera pas le cas aux Etats-Unis, samedi 4 juillet, jour anniversaire de la Déclaration d’indépendance des 13 premières colonies vis-à-vis de la couronne britannique, en 1776. Cette commémoration n’a pas résisté à la polarisation qui a saisi depuis des années la société américaine et que le président, Donald Trump, ne cesse d’attiser.

L’organisation des festivités en a été l’illustration avec la décision du locataire de la Maison Blanche de créer en 2025 un comité concurrent de celui, bipartisan, mis en place dès 2016. Il s’agissait de garantir notamment un récit aseptisé de l’histoire américaine, alors que la grandeur d’un pays se mesure également à sa capacité à reconnaître ses errements.

De la soirée de combats d’arts martiaux mixtes, un sport lucratif sur lequel trône un proche du président, sur la pelouse de la Maison Blanche pour ses 80 ans, au discours fleuve annoncé le 4 juillet, cette célébration nationale se confond en fait avec celle de Donald Trump. Nul doute que le président des Etats-Unis va vanter à cette occasion, en dépit de l’impasse dans laquelle il s’est fourvoyé en attaquant l’Iran, le 28 février, la grandeur qu’il aurait rendu aux Etats-Unis. La réalité est moins glorieuse si on se réfère à la nette dégradation dans le monde de l’image d’un pays qui ne fait plus rêver, et dont on juge désormais qu’il ne contribue pas à la paix et à la stabilité, selon le Pew Research Center.

Boule de démolition

Cet affaissement est le produit d’un début de second mandat au cours duquel la boule de démolition à laquelle Donald Trump a souvent été comparé depuis son entrée en politique, en 2015, a poursuivi toujours plus loin sa course. La célébration d’une déclaration d’indépendance qui n’avait pas de mots assez durs envers « la longue suite d’abus et d’usurpations » de la monarchie britannique intervient alors que la Cour suprême des Etats-Unis vient de renforcer un peu plus un pouvoir exécutif qui passe pourtant après le Congrès dans la Constitution. Elle coïncide aussi avec la publication des sommes colossales accumulées par Donald Trump et ses proches depuis son retour au pouvoir.

Cette soif de pouvoir et de richesse ferait frémir les fondateurs du pays. Elle n’est évidemment pas de nature à rassembler les Américains derrière leur président. Certes, la république américaine a déjà brillamment surmonté par le passé le péril de la division. Ce fut notamment le cas, au prix d’une guerre civile puis d’un vaste mouvement des droits civiques, pour traduire dans les faits la déclaration alors révolutionnaire de 1776 selon laquelle « tous les hommes naissent égaux ».

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Mais cette république va devoir une nouvelle fois apporter la preuve de sa solidité à l’occasion des élections de mi-mandat, en novembre. Donald Trump est revenu à la Maison Blanche sans jamais avoir exprimé le moindre remords à propos de sa tentative d’empêcher le transfert pacifique du pouvoir, un fondement de la démocratie américaine, à la suite de l’élection présidentielle de 2020.

Comme une allégorie, la canicule qui pèse sur la capitale fédérale va rappeler le 4 juillet la vanité d’un autre négationnisme, celui qui vise le dérèglement climatique. Celui-ci fait l’objet d’une censure opiniâtre de la part d’une administration foncièrement hostile à la science, une autre rupture avec l’image que le pays a longtemps voulu donner de lui-même.

Le Monde

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