Le bras de fer entre les opérateurs télécoms européens et Bruxelles se durcit concernant le sort de Huawei. Alors que la Commission européenne ne cache pas sa détermination, à travers la révision d’une loi sur la cybersécurité, en cours de discussion, à chasser le géant chinois des équipements télécoms – tout comme son compatriote ZTE – des réseaux du Vieux Continent, les opérateurs intensifient leur lobbying pour l’inciter à faire machine arrière. Tous sont remontés contre la facture d’un remplacement de leurs milliers d’antennes 5G et autres équipements Internet fixe.
Réalisée à la demande d’Orange, de l’allemand Deutsche Telekom, du britannique Vodafone et de l’espagnol Telefonica, une étude du cabinet GSMA Intelligence, qui dépend de la GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles, a, au mois de juillet, évalué ces coûts, jugés « considérables », entre 30 et 40 milliards d’euros.
C’est-à-dire bien davantage que l’estimation avancée jusqu’alors par la Commission européenne, soit « entre 3,4 et 4,3 milliards d’euros » par an sur trois ans, dans un rapport publié le 20 janvier. Dans son étude, GSMA Intelligence étrille les chiffres de Bruxelles, considérant qu’ils « ne reposent pas sur les données des opérateurs, n’ont pas été validés de manière indépendante » et se limitent de surcroît aux effets sur les réseaux mobiles.
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