Vivre à des centaines ou des milliers de kilomètres de son conjoint est une situation de plus en plus fréquente puisque les séjours à l’étranger, pour les études ou le travail, se sont démocratisés et que la mobilité est encouragée pour la carrière. Mais comment font les couples ? La distance renforce-t-elle les liens ou rend-elle uniquement la vie plus compliquée ?
Die Zeit tente de répondre à ces questions à travers les témoignages de trois couples séparés géographiquement pour des raisons professionnelles. Une dirigeante d’entreprise raconte que sa compagne et elle se sont rencontrées à Mexico et qu’elles ont vécu, pendant un temps, entre l’Allemagne et le Mexique. De retour en Allemagne, elles ont acheté ensemble une belle maison, mais où elles ne vivent pas pendant la semaine. En effet, les deux femmes travaillent dans des villes éloignées, l’une à 130 kilomètres et l’autre à 280 kilomètres. “Notre modèle offre à chacune son propre espace et la liberté d’exprimer ses petites manies”, confie la première.
Une professeure explique, quant à elle, qu’elle parcoure 270 kilomètres pour se rendre dans son université. Cela a imposé à son mari et elle une organisation ménagère très précise, facilité par l’embauche d’une aide à domicile. “Au début, j’ai sous-estimé la difficulté de gérer deux emplois du temps”, constate tout de même l’enseignante, avec le recul. Le couple ne se voit que le week-end.
Un ancien fonctionnaire désormais à la retraite vivait selon le même rythme quand il travaillait à Bruxelles, à 600 kilomètres de son domicile. Il se rappelle :
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“Des choses simples comme faire les courses ou aller se promener prenaient une tout autre importance. Nous appréciions davantage ces petits riens. Nous nous disputions moins, car beaucoup de sources potentielles de conflit nous paraissaient futiles. Les trajets quotidiens nous ont encore plus rapprochés. Cependant, notre cercle d’amis s’est réduit, car le peu de temps que nous passions ensemble était toujours prioritaire.”
Amanda Teague tient à brosser un tableau réaliste. Sur le site Business Insider, cette Américaine raconte sa relation de sept ans avec un Danois, entre les États-Unis et le Danemark. Un mode de vie très coûteux et qui “est moins romantique qu’on ne le croit”. La vérité est qu’il faut, pour vivre une relation à distance, se livrer à “un exercice d’équilibriste logistique et émotionnel qui implique des alertes de vol, des limites d’entrée et des calculs précis pour éviter de dépasser la durée de validité des visas”. Le couple arrive à se voir fréquemment en alternant des séjours de plusieurs semaines à plusieurs mois dans le pays de l’un ou de l’autre :
“Chaque fois, les retrouvailles sont un bonheur, mais elles ont une date de péremption.”
Bien sûr, il y a aussi certains avantages : veiller à entretenir ses amitiés, ne pas laisser son couple être parasité par des broutilles, et apprendre à cultiver son indépendance. Contrairement aux personnes interrogées par Die Zeit, Amanda Teague n’envisage pas de conserver ce mode de vie durant des décennies. Alors, pour l’instant, elle profite de “cette période étrange, épuisante mais merveilleuse de [sa] relation”.
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