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Géopolitique

« Les politiques migratoires européennes ignorent les besoins spécifiques des femmes et des personnes LGBT+ »

Dans une tribune au « Monde », les représentants d’Osez le féminisme !, de SOS Racisme et de l’Institut du genre en géopolitique déplorent que la prise en compte des violences spécifiques auxquelles sont exposées les femmes et personnes LGBT+ demeure largement absente de la mise en œuvr

« Les politiques migratoires européennes ignorent les besoins spécifiques des femmes et des personnes LGBT+ »
HaitiCreoleRadio.com

Alors que le Parlement européen a approuvé, le 17 juin, la création de « hubs de retour » destinés à expulser hors de l’Union européenne (UE) les personnes déboutées du droit d’asile et que le pacte européen sur la migration et l’asile entre progressivement en application, l’Europe opère un tournant historique dans sa politique migratoire. La réalité xénophobe de cette orientation sécuritaire portée par une convergence croissante entre droite et extrême droite suscite à elle seule notre réprobation.

Mais cette orientation mortifère est d’autant plus abjecte qu’elle occulte une réalité essentielle : les femmes et les personnes LGBT+ migrantes subissent des violences spécifiques tout au long de leur parcours et risquent d’être parmi les premières victimes de ces nouvelles politiques.

Alors qu’en 2020 les femmes représentaient déjà 48 % des primo-arrivants sans papiers sur le sol européen et 51,6 % des migrations en Europe et dans le monde, leurs besoins spécifiques demeurent largement absents des politiques migratoires. Les femmes et les personnes LGBT+ sont exposées à des persécutions et à des violences fondées sur le sexe, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, telles que les mutilations sexuelles féminines, les mariages forcés ou encore la criminalisation de l’homosexualité et de la transidentité. De leur pays d’origine jusqu’au pays d’accueil, elles subissent un continuum de violences.

Selon les Nations unies, 90 % des migrantes ayant traversé la Méditerranée ont subi des violences sexuelles. Dans un rapport paru en 2024, Amnesty International France met en exergue le risque pour ces femmes de faire l’objet d’une obligation de quitter le territoire, alors qu’elles souhaitent déposer plainte auprès du commissariat. Le refus de prendre la plainte et le fait de décourager celles qui souhaitent le faire est illégal. Pourtant, ces réalités demeurent largement absentes de la mise en œuvre du pacte européen sur la migration et l’asile.

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