Bien avant d’être un signe gourmand annonciateur du printemps dans nos contrées, la rhubarbe, originaire d’Asie, était utilisée, notamment en Chine, pour ses vertus médicinales. Elle a d’abord été importée par des médecins du monde arabe et de Perse, et employée pour traiter les problèmes digestifs. Cette propriété a ensuite fait sa réputation en Europe, où la rhubarbe est aujourd’hui encore considérée comme un léger laxatif.

Sur le plan botanique, c’est un légume appartenant à la famille des polygonacées, mais elle est consommée comme un fruit. Aux États-Unis, depuis 1947 – soit bien avant Trump – la rhubarbe est considérée comme un fruit et soumise, à ce titre, à des droits de douane.

L’essor de la rhubarbe est étroitement lié aux débuts de la production industrielle de sucre. Jusqu’au XIXe siècle, le miel était le seul ingrédient au pouvoir sucrant auquel avaient accès les catégories pauvres de la population, ce qui limitait fortement l’intérêt d’une plante aussi acide que la rhubarbe.

Mais en 1801, l’ouverture en Prusse de la première usine de sucre de betterave inaugure l’ère du sucre bon marché et une baisse continue, jusqu’à la moitié du siècle, du prix de cette denrée. Résultat, en 1848, les premières cultures professionnelles de rhubarbe apparaissent en Allemagne, où el