Comme tous les jours, à 6 h 30, Mario Semedo se rend à la messe. Sur les bancs de l’église de Palmarejo, quartier central de Praia, la capitale de l’archipel, le président de la Fédération cap-verdienne de football (FNCF), 67 ans, prie. Pour ses proches, pour le monde, pour la victoire. Vendredi 3 juillet, à 21 heures (minuit, heure de Paris), son équipe défie l’Argentine de Lionel Messi en seizièmes de finale du Mondial, au stade de Miami. Face à un pays 700 fois plus grand que le sien, et champion de monde en titre, une intercession divine ne serait pas de trop.
Jamais en près d’un siècle de Coupe du monde, une nation d’un peu plus de 500 000 habitants n’avait atteint un tel stade de la compétition. Orlando Mascarenhas, 91 ans, ancien président de la FCF peine encore à y croire. Mémoire vivante du football cap-verdien, il n’en revient toujours pas d’avoir vu son « tout petit pays » situé au large du Sénégal faire jeu égal, pour sa première participation à ce prestigieux tournoi, avec l’Espagne (0-0), l’Uruguay (2-2) et l’Arabie saoudite (0-0). « Aujourd’hui, tout est possible face à l’Argentine et ce n’est pas normal que je dise ça », insiste-t-il.
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